RÉCITS ET PROPOS (le chemin)


Bienvenue sur le nouveau blogue "récits et propos" de Vert l'Aventure. Cliquez sur "afficher la version web" sur le blogue de votre téléphone pour une meilleure navigation. Les liens pour me contacter se retrouvent au bas du blogue.


St Nérée-de-Bellechasse | 19 septembre

Aujourd'hui je viens de renouer avec la randonnée champêtre. C'est ma première marche d'une quinzaine de kilomètres sur les joyeux rangs de l'arrière-pays dans Chaudière Appalaches. Après cette longue saison caniculaire, de feux de forêts, de déserts brûlants et de plusieurs milliers de kilomètres dans l'ouest canadien en vanlife mon corps c'est souvenu de ce divin plaisir de marcher sur ce magnifique territoire. Mon vaste et joyeux terrain de jeu se situe entre St Raphaël-de-Bellechasse à l'est, St Julien et le lac William au Centre du Québec à l'ouest, la région de l'amiante et le Lac Etchemin au sud. Voilà ! Que ce soit en raquettes ou en randonnée pédestre ce territoire est de loin mon préféré au Québec par son piedmont, ses vallons appalachiens inspirants et sa proximité avec la capitale. C'est dans ma cour comme on dit. Je m'y sens comme chez moi et les gens en général sont simples et accueillants. Pour ma première sortie j'ai sélectionné le chemin du Pouvoir sur la rivière du sud à St Raphaël. Ce nom évoque la reprise de mon pouvoir et des lieux qui me sont familiers. J'ai perdu 20 livres cet été car j'ai dépensé davantage d'énergie que j'en ai consommée. Mon médecin me dit que j'ai atteint mon poids santé. Ceux et celles qui me lisent doivent trouver curieux ces confidences? Je l'ai dit auparavant dans mon blogue, je fais cet exercice pour moi-même en premier lieu et tant mieux si mon journal vous interpelle et vous inspire.


St François-de-Montmagny | 18 septembre

Je suis sagement installé dans un champs de maïs en vanlife ce soir. Je préfère de loin l'arrière-pays que la horde de touristes du weekend le long de la 132. Toutefois j'ai apprécié la plage de Berthier-sur-Mer. Une lumière c'est allumée sur mon tableau de bord indiquant un problème avec un pneu dans la journée. Chanceux comme toujours j'étais à côté d'un garage qui a réparé le vilain pneu. C'est la seconde crevaison cet été, la première fois il a éclaté en roulant sur l'autoroute. Je crois sous-estimée ma patience mais en réalité voyager en van me permet de l'aiguiser et de limiter mes choix. L'espace restreint et une présence accrue dans ce petit habitacle n'est pas toujours aisée. Ma satisfaction est de dénicher des endroits magnifiques loin des foules dans un calme absolu. Ça prend énormément de discipline et de contrôle de soi pour voyager en solitaire en van, à deux c'est une autre histoire. L'essentiel pour moi, ce qui n'est pas toujours facile, est de ne pas conduire trop longtemps. Je prends conscience de plus en plus du flot incessant de voitures sur les routes partout. C'est pour cette raison, en partie, que je recherche la tranquillité des bois et des rangs de campagne. Ce trafic lourd et intermittent devient la norme et je trouve ça d'une tristesse absolue d'entendre ce vacarme incessant dans un mouvement inlassable. Parfois je préfère rester chez moi à la maison évitant cette circulation compulsive et effrénée. La publicité des voitures neuves m'irritent ainsi que les publicités en général. On se fait bourrer constamment de bêtises et de nouveaux besoins qui sans cesse nous placardent l'esprit. Je choisi alors les bois et la lecture. On dit souvent l'expression "c'est normal". Normalité: qualité de ce qui est normal: qui est conforme: qui est la référence, le modèle. Parfois je regarde autour de moi et je constate la folie qui nous entoure mais l'espoir demeure et des modèles existent heureusement. Je sais pas si c'est moi qui change ou c'est le monde qui se détraque. Peut-être un peu des deux. Je deviens peut être un "woke" comme disait l'autre, c'est-à-dire un réveillé. En même temps j'observe l'absurdité dans notre façon de vivre, nos insouciances et nos indifférences. J'observe le réveil des consciences avec, paradoxalement, le doute qui s'installe dans nos esprits en voyant des symboles s'écrouler. On dirait bien que quelque chose ne va pas où ne vas plus. Serait-il arrivé le moment de changer et en avonss-nous le pouvoir et la volonté réellement ? Force est de constater notre impuissance devant un système de plus en plus instable et incertain. Le monde dans lequel on gravite est en perpétuel changement qu'on le veuille ou pas pour le meilleur et pour le pire. Peut importe la bulle qu'on tient à protéger je cité Bob Dylan 'time are changing'.



St Gervais-de-Bellechasse | 17 septembre

Je viens de débuter un atelier d'écriture. Le groupe est petit et diversifié. La plupart s'excerce dans le roman, j'ai choisi la nouvelle et l'essai autobiographique. Plutôt intimidant de se dévoiler par l'écriture quoique dans mon travail je fut souvent exposer à raconter des histoires à un large public. Pour écrire je laisse tomber le masque en conservant une certaine retenue. Je fait confiance et me lance dans cette aventure car j'ai tout à gagner en priorisant l'être au lieu du faire. Je suis rendu à ce stade et avec le recul de la vie active ce geste m'apparaît urgent. Je pourrais écrire des romans mais je ne me sens pas à l'aise dans la fiction et pas suffisamment patient. Je possède déjà une panoplie d'histoires à raconter et de thèmes qui demandent d'être explorer. Aujourd'hui je pars sur le chemin St Rémi pour marcher dans le cadre d'un pèlerinage et me ressourcer sur les terres qui m'inspirent.


RÉCITS ET PROPOS (le retour de l'ouest)


16 septembre |

Un mois aujourd'hui que je suis de retour de l'ouest canadien en vanlife. Je lis en ce moment "marcher, parler, écouter" des éditions Novalis. D'auteurs québécois ils racontent des expériences pèlerines. Ce livre fabuleux mets des mots sur mon ressenti lors de mes nombreux voyages et surtout le dernier en solitaire sur 80 jours. "le monde existe à travers mes sens avant d'exister de façon ordonnée dans mes pensées". Un pèlerinage semblable est déroutant seul, j'ai quitté tous mes repères tentant de recréer une nouvelle routine sensorielle. J'ai rarement dormi plus d'une nuit au même endroit. Jamais je ne fut inquiété de quelques façons sauf par le fait d'être seul et sans objectifs sauf celui d'atteindre la côte ouest et gravir des montagnes sauvages et souvent insurmontables. Pire aurait été d'être mal accompagné. Lors de mes premières aventures à l'adolescence je partais en autostop à travers les Amériques. Sur plusieurs mois je dormais à l'extérieur dans un sac de couchage enroulé d'un grand plastique pour me protéger de la pluie et de l'humidité. Je dormais partout dans les ruelles de la Nouvelle-Orléans, San Francisco, Santa Fé, dans les trains de marchandises, sous les ponts, dans les refuges de sans abris, etc... au grand dam de ma mère désespérée. Ces périples ont très tôt formés mon caractère. J'étais libre et je découvrais le monde malgré l'inadvertance. Plus tard déployé dans la routine du travailleur et citoyen engagé, j'oubliais de m'allier à mon ressenti élaborant calcul mental, hyperactivité et organisations multiples. Si je me considère en grande partie comme un pèlerin je me demande souvent ce que je quittais ardemment. Était-ce une fuite comme la question posée dans le livre? Ce précieux bouquin est délectable et révélateur sur les peurs et les aspirations qui m'habitent depuis toujours.  "Il n'y a pas de croissance sans nouvelle naissance et pas de naissance sans mort à ce que nous sommes". J'ai joint les rangs à l'âge adulte pour gagner ma vie dirait-on pour la sécurité, le sentiment d'être comme tout les monde et pour payer les dépenses courantes. Mais devenir travailleur autonome de l'aventure représente un certain risque. La chance et la providence m'ont accompagnés. C'est assuré que dans un avenir rapproché je referai l'expérience du pèlerin nomade de la marche moins longtemps toutefois. Je reconnais que les réponses et la transformation s'obtiennent au retour très lentement. Durant le voyage une série de nouvelles expériences sensorielles entremêlaient peurs, inconforts et extases. Dans mon métier de guide je me demande si ce n'est pas le groupe qui me guidait. J'étais toujours dans un certain cocon avec les participants. C'était sécurisant de suivre l'itinéraire et valorisant de savoir que je l'avais conçu au préalable. Il y avais une certaine reconnaissance avec ce boulot. En voyages organisés les horaires et le rythme se trame autour d'une relative sécurité et encadrement. Il y a un but à atteindre, un objectif concret, la relative empathie du groupe mais rien ne fut garanti, je peux confirmer certaines situations explosives. J'ai passé plusieurs années dans cette dynamique et depuis mon retour je comprends mieux ce qui m'a animé durant ces décennies d'acharnement et de travail constant. Sur un quart de siècle ma vie et mon travail ne faisait qu'un. Mon rôle et mon identité étaient associés à cette mission que je m'étais donnée car je m'y sentais bien. Je me suis identifié en boucle à ce rôle car au fond de moi je n'existait peu ou de façon disproportionnée. Ma prochaine aventure naîtra de ces nouveaux éléments révélateurs que je viens d'expérimenter. Ce livre ressourçant est un baume pour mon âme troublée et je remercie l'amie qui me l'a prêtée qui est sur le chemin du pèlerin en ce moment. J'ai basé une grande partie de ma vie active sur l'organisation accompagnée d'un mental envahissant et de doutes persistants. J'avais oublié qu'en me fabriquant une prison dorée, ça demeurait quand même une prison mais comme plusieurs d'entres nous on s'encouragent en se disant qu'on est chanceux de ne pas être dans la rue. Je suis bien chez moi mais tôt ou tard le besoin se fera sentir d'esquiver mes repères pour mieux les retrouver au retour. La vie n'est que perpétuel mouvement comme dans l'acte sexuel.


10 septembre |

La pandémie a accentuer certaines anomalies structurelles du système et de la société qui tôt ou tard allaient survenir. À elle seule on ne peut y déposer complètement nos blâmes. Pénurie de main d'oeuvre, soins de santé, population vieillissante, changements climatiques, exode des jeunes vers les grandes centres, dépendances multiples, etc... Plusieurs critiquent les subventions destinées aux chomeurs durant la pandémie. Une réflexion nuancée et approfondie de nos valeurs s'impose. C'est malheureux mais plusieurs profitent de la vulnérabilité de la situation pour envenimer et exacerber le  climat social. Plusieurs ont besoin d'aide et ce nombre grandira dans l'après-covid. Les complotistes et agitateurs ne reconnaissent que leurs propres intérêts et les ignares inondent le terrain. Ce qui me rebute est l'ignorance et le manque de respect. La liberté d'expression est noble sauf quand on ne sais pas de quoi on parle. Se taire et réfléchir est la meilleure décision à prendre parfois mais tout va tellement vite et il y a les comptes à payer, les attachements et les tâches à effectuer n'est-ce pas? Ce n'est  jamais le bon moment pour amorcer les changements qui s'imposent. Le virus nous a obligé à nous regarder en pleine gueule. J'ai  pris un sérieux recul ces derniers temps et ma pensée est plus vive. J'ai coupé considérablement mes habitudes et ma façon de voir J'ai vu d'autres horizons, d'autres réalités ces derniers temps. Je me félicite et je remercie sincèrement les personnes engagées qui prennent des décisions importantes pour le bien-être des collectivités. La critique excessive est un signe de médiocrité et de faiblesse surtout effectuée dans l'anonymat, dans l'hypocrisie et la condescendance. Avant d'exprimer des sottises il est mieux de prendre une grande respiration et d'observer ce qui se passe à l'intérieur de soi. Les réponses s'y retrouvent bien souvent et le salut passe la plupart du temps dans le respect de soi et d'autrui. Michel Foucault dit "de l'homme à l'homme vrai, le chemin passe par l'homme fou". Se laisser guider par sa boussole intérieure n'est pas une tâche facile. Le confinement fut difficile pour tous et je comprends que les barrières imposées furent impitoyables à maints égards. Toutefois la crise passée le meilleur est à venir inévitablement à ceux et celles qui ont pris cette pause pour renouveler leurs valeurs, besoins et attitudes. Le moment venu de m'envoler dans une myriade de possibilités renouvelées déjà pointe à l'horizon avec davantage de sagesse et de connaissances.


6 septembre |

Depuis la pandémie je n'éprouve aucune difficulté à me dévoiler. Célibataire non par choix je reprends une citation que je viens de lire "pour trouver une perdrix je dois aller dans les bois". J'aime cet exemple. Je m'abandonne à mon destin délivrant les forces créatrices qui logent en moi par le ressenti et l'écriture. Le voyage est un acte sprituel et transformateur. Lorsqu'on part il y a trois étapes; l'exitation, le contrôle et la lassitude du voyage. Cela s'applique à de nombreuses situations aussi. Pour écrire l'énergie doit venir du coeur comme tous gestes significatifs. Parfois j'intellectualise mes émotions provoquant la confusion. Ces émotions sont passagères comme les nuages dans le ciel. Je tente alors de ne pas m'identifier à elles. Pas toujours évident mais avec du calme et la pleine conscience surgit la paix. Rien n'est acquis et tout est à recommencer, l'équilibre tant recherché est difficile à atteindre et conserver. Je suis allié de la prudence davantage mais à être trop prudent, le risque est de passer à côté de l'objectif recherché. Nous sommes dans une ère de "politicaly correct" sauf sur internet où plusieurs "no names" anonymes se permettent des propos offensants et ignares. Des balises seront importantes à l'avenir pour éviter des dérapages. Pourquoi se camoufler sous des pseudonymes anonymes? Par prudence? Cette dernière a ses limites et, outre mesure, nocive en alimentant la peur. La vie est belle malgré l'inadvertance. Sur Instagram les lunettes roses sont omniprésentes et ça prend du discernement pour distinguer le vrai du faux. Le négativisme constant des bulletins d'informations, l'indifférence et la publicité omniprésente et pernicieuse modifient notre vision globale et notre objectivité. Les droits de liberté d'expression sont revendiqués dans plusieurs situations. Mes appréhensions sont l'ignorance et le déni et je suis souvent étonné de constater la misère qui règnent partout même chez les bien nantis car ils croient pouvoir tout ce permettre avec l'argent. Je ne suis plus utopique, je ne crois pas à l'indépendance du Québec mais à l'indépendance de l'homme au sein de son coeur et de sa patrie ou sa terre d'accueil. L'argent ne fais pas le bonheur mais un minimum est nécessaire pour satisfaire ses besoins. S'il en manque le désespoir est latent. Très tôt dans la vie j'avais de multiples besoins; matériels, affectifs, éducatifs. Des centaines de milliers de personnes sont dans le besoin dans le monde et il y a les besoins non essentiels qui sont la tare des occidentaux. Ma sœur est bouddhiste et heureuse. Sa famille est saine et son esprit tranquille. On a pas eu le même père mais elle a eu une famille d'accueil exceptionnelle. La mienne fut défavorisée sur plusieurs niveaux mais ils ont fais leur possible avec les moyens et la force qu'ils possédaient. Je sais pardonné. L'ignorance est le pire des maux, le manque d'éducation et de soutien adéquat. Plusieurs canadiens vivent dans une bulle en rapport avec les classes sociales et l'éducation. Le souci d'autrui devient incontournable et l'obtention d'autonomie davantage sollicitée. Des ateliers obligatoires aux communautés sur l'apprentissage à vivre avec soi et les autres, apprendre la compassion et la solidarité devraient pouvoir s'offrir aux en remplacement du service militaire dans le monde. Les sempiternelles valeurs économiques priment et briment lorsque utilisées à outrance.


5 septembre |

Une amie m'a prêté un bouquin sur le pèlerinage. Ça signifie marcher à travers champs qu'emprunte les chemins inusités et franchir les frontières. Je crois que de toute ma vie j'ai été un pèlerin recherchant une certaine vérité et un monde authentique que le modernisme parfois devient allienant. Rien n'est tout à fait rose ni noir, tel est notre condition. La pandémie a bouleversée tout le monde et nous avons dû se réinventer, revenir aux sources, réfléchir sur soi et sur la société complexe dans laquelle on évolue. Ce printemps j'étais complètement assommé du confinement et des médias d'informations. La peur a surgie de mes entrailles et le monde m'est soudainement apparu hostile, fragile et instable. Je suis parti dans l'ouest canadien ce printemps près de trois mois en prenant un véritable recul oubliant même que ce foutu virus existait. Au Québec j'aime la multitude de rangs et chemins de travers comme disait Serge Bouchard. Les gens heureux n'ont pas d'histoires dit-on ! Peut-être qu'un jour je ne ressentirez plus le besoin d'écrire car je deviendrez heureux ! Mais je ne suis pas malheureux pour autant en faisant l'excercice de me recentrer, je suis résilient. J'ai eu peur de revenir chez moi reprenant ma vie où je l'ai laissée auparavant et retrouver ma vie de citadin blasé. Parler français est anodin quand on vit à Québec, on y pense même plus mais à l'étranger la langue devient un défi n'étant pas bilingue. Si je n'avais pas été aussi loin je serais peut être revenu avant car le sentiment d'isolement est venu me chercher. Des familles et des couples sur mon chemin que je croise la plupart du temps et tout à coup ce fort sentiment d'exclusion qui me tiraille. Je partais pour me rapprocher du monde mais cette impression grandissait. Trois semaines ce sont écoulées depuis mon retour et je suis heureux de retrouver une identité quelconque, mes repères et contacts. Après ce séjour prolongée dans un espace restreint mon petit logis m'apparait assez grand. Ma vision du voyage a changée et jamais plus ne sera pareille mes escapades. Je reconnais davantage mes limites et ne suis pas aussi courageux que je croyais l'être en solitaire. Fort probable que je me sous-estime en affirmant cela. Ce n'est pas toujours prudent par ailleurs les voyages d'aventures en solitaire surtout quand j'ai basé une grande partie de mon existence sur l'aventure. Je me souviens d'un séjour seul à Ste Lucie dans les Antilles où un homme masqué a pointé un révolver sur ma tête pour me cambrioler. Je venais de faire une grande randonnée à Vieux Fort et cette altercation aurait pu m'être dramatique. J'ai passé à la télé devant le poste de police pour raconter mon histoire d'où le vol avait été effectué à 500 mètres de là sur la plage déserte. Le lendemain je quittais, en modifiant la date de retour, l'île avec un traumatisme. Bien d'autres circonstances du genre ont eu lieu ailleurs dans le monde mais quand on est seul c'est davantage affolant. Que ce soit des accidents ou des malaises de santé ça laisse des cicatrices mais je n'ai jamais cessé de prendre des risques. Une voiture m'a frappée en vélo à Watertown dans dans l'état de New York. J'étais guide pour une entreprise de la Montérégie qui s'appelait Aventure Douce. Pas si doux que ça surtout lorsque je me suis réveiller à l'hôpital et que c'est le prêtre que j'aperçu en ouvrant les yeux pour me donner les derniers sacrements. J'étais mal en point et trois mois ont nécessités pour me rétablir souffrant d'un choc nerveux, de fractures, cicatrices et contusions multiples. Sans mon casque c'était mon dernier voyage, j'ai envoyé une lettre à Louis Garneau à l'époque pour le remercier de m'avoir sauver la vie. L'année suivante je fus engagé par une grande firme internationale de voyages à vélo américaine pour l'Europe qui s'appelait VBT (Vermont Bike Tours). La base des opérations européennes était au centre de la France précisément à Meursault en Bourgogne. Résilience. J'ai eu la chance d'avoir des messages indirects tout le temps à différents moments mais têtu et déterminé dans mon désir de dépassement j'y faisais souvent fi. Je me devais de déchiffrer ces signes mais j'ai toujours garder espoir dans mes tentatives de dépassements périlleuses. La jeunesse exige des défis pour se définir. Pèlerin je suis devenu par nécessité de me renouveler et pour mon travail. En groupe les dangers de la route me faisaient moins peur, parfois je me demandais ce que je faisais là au lieu d'être tranquille à éplucher des blés d'Inde à la maison. Le besoin de sensations fortes et de reconnaissances m'ont alimentées nombre de fois et c'est ce qui m'a permis de dépasser mes limites. L'orgueil et la vanité m'ont souvent accompagnés. Aujourd'hui avec le recul je vois que j'ai grandi, ma route sera dorénavant plus tranquille du moins je l'espère car j'ai passé largement la vingtaine. Je pourrais avoir un accident en sortant de mon bain comme c'est arrivé à une amie. Ça me fait du bien de raconter ces histoires et j'excelle dans ce domaine. Mon apprentissage de la vie c'est fait à la dure en pratique davantage qu'en théorie. L'aventure a formée mon caractère incrédule. Parfois je me demande à quoi rime tout ça si ce n'est que pour m'apporter confiance et reconnaissance incertaine car les encouragements viennent aussi avec la critique. Je tente maintenant de dénouer ce réflexe par la pleine conscience, la lecture, l'écriture, le yoga, l'amitié et la marche. Ma van me sert pour fuir de la ville surexcitée et me sentir autrement dans l'arrière-pays, mon lieu de prédilection et terrain de jeux. Les excès furent nombreux cet été mais j'en reviens plus fort. En anglais on dit "working hard playing hard". De toutes mes actions le plus important fut d'apprendre et de ne pas regretter. Ces mots semblent anodins mais je sais maintenant qu'après ce long périple c'est dans les choses simples que logent les grandes reconnaissances... de ma part en premier lieu. Le bonheur est plus près que croyais. Je peux dire mission accomplie. Bientôt le goût de repartir sur la route, dans les champs et les bois se fera sentir mais le voyage sera différent.


3 septembre |

L'égo est la conscience de soi, de notre personnalité. Mon égo bien souvent m'a joué et continue à me jouer de vilain tour. L'égo est une entrave au développement personnel. L'égo priorise ses propres intérêts avant ceux des autres mais parfois nécessaire d'ou son importance devant certaines situations. Un égo équilibré est recommandé mais de façon surdimensionné il est néfaste. S'il prend trop de place nous développons une fausse personnalité constituée du passé et de nos expériences. Il devient une entrave à la liberté et au bonheur. L'égo est difficilement satisfait et souvent dans le besoin et l'agitation. Les peurs alimentent l'égo qui distortionne la réalité. Il s'exprime dans le but de nous satisfaire mais en réalité il est nuisible. L'égo n'aime pas la tranquillité de la conscience. Aujourd'hui je tente de rééquilibrer le tout. Peut être que c'est lui qui me pousse à écrire dans le blogue. L'égo et le mental sont étroitement associés alors que la conscience se situe au coeur et dans le ventre. L'égo agite le mental en voulant toujours plus, la conscience a besoin de calme. Pour le moment je cesse cette parenthèse. Le bonheur est tout près et existe que dans le moment présent. C'est vers quoi j'aspire pour un retour aux sources de mon être et m'apporter la tranquilité d'esprit. Ces sujets semblent être souvent exprimés mais difficilement explorés. La vie professionnelle n'étant pas toujours aisée pour l'équilibre, la pleine conscience est un outil que j'ai adopté pour l'atteindre. J'en suis un adepte inconditionnel. La peur de la solitude a réveillé des démons en moi qui auraient pu être dévastateur durant le voyage. J'en suis conscient et les retrouvailles avec mon quotidien et une meilleure attention sont apaisantes. Je ne suis pas égocentrique mais parfois égaré dans mes pensées et mes émotions, le hamster vous connaissez? Je suis résilient heureusement. Mon aventure dans l'ouest canadien en solitaire ne fut pas toujours de tout repos mais enrichissant. N'ayant personne à mes côtés pour partager et la barrière de la langue m'ont amené sur une étape de vie importante. En réalisant ce road trip une boucle vient de se refermer.


2 septembre |

Le retour chez moi après trois mois sur la route de l'ouest canadien est bénéfique. La reprise de la routine, le calme du logis, le repos est largement apprécié. Après avoir séjourné davantage en nature je constate l'intensité de la ville de Québec. La nervosité, la rapidité et le stress s'agitent tout autour. On dira qu'on est latin, sanguin, occupé, etc... C'est malheureux que l'on puisse s'habituer au bruit, au stress et à la pollution. Pas toujours le choix n'est-ce pas? On dit aussi qu'il faut se contenter de ce qu'on a... Énormément de voitures circulant partout je me pose des questions sur notre qualité de vie, les soins de santé, le coût de la vie, les changements climatiques, la santé mentale et la culture. La culture est définie par ce qui se passe entre nous quand on communique, ces sujets me préoccupent. La science et la technologie évolue rapidement mais les humains ne suivent pas aussi rapidement, étrange paradoxe. De grandes réformes sociales, politiques et changements d'habitude doivent inévitablement survenir dans un avenir rapproché en commençant par moi-même. Je ne tiens pas à faire quelque morale que ce soit et les québécois ont toujours été un peuple généreux et créatif. Dans l'histoire du monde des grandes sociétés ont disparues pour avoir négliger leurs environnements. Un recul est nécessaire pour être objectif et clair dans son esprit mais tous n'ont pas cette possibilité par leurs lourdes responsabilités et endettement chronique. Le voyage est un moyen mais il en existe bien d'autres. L'autocritique modérée est nécessaire et il ne s'agit pas de tout démolir et reconstruire. Prendre la place qui nous reviens afin d'être autonome est primordial mais l'autonomie ne veux pas dire individualiste. Les liens tissés entre nous sont fragiles et aucun acquis nous est offerts dans ce monde incroyablement contradictoire. L'économie, les richesses accumulées, l'argent, ne serait-il pas le temps de replacer l'humain au centre de nos préoccupations ? La quête de l'argent nous rapproche de l'esclavage. Des clivages s'effectuent en sourdine, de la désinformation, des incohérences, ceci est mon lot d'observation. Je suis heureux et libre de pouvoir exprimer mes opinions et à ce titre et je me sens privilégié. Ce n'est pas la polémique que je recherche mais simplement parler des enjeux véritables en évitant de déblatérer des derniers divertissements à la mode. Je constate la faiblesse des liens qui nous unis et c'est grâce à eux que nous sommes devenu une société distincte voire une nation. Rien n'est acquis encore une fois. Il y a moins d'un siècle la majorité des gens vivaient à la campagne. Ce changement radical et cette exode urbaine est l'un des plus grands bouleversements de notre ère. Les grandes villes ont des difficultés évidentes à suivre l'évolution nécessaire au bien-être collectif et ne servent en partie qu'à la superproduction et la consommation excessive. Les spéculateurs et promoteurs véreux possèdent un bassin incroyable d'êtres soumis et habilement influencés depuis la tendre enfance. J'aimerais davantage obtenir un sentiment plus fort envers ma communauté et par ricochet avec moi-même. Je me sens impuissant dans cette requête et dois comme la plupart me soumettre. Et on dit "c'est ça la vie", expression populaire qui est, selon moi, vide de sens bien souvent. Cette discussion n'est pas des plus réjouissante mais devient incontournable à l'aube du plafonnement des ressources à grande échelle de la planète. La liberté d'expression et l'accumulation des richesses arborent des incohérences de toute part qui imprègnent notre capacité d'être objectif. Internet et les médias sociaux sont un exemple et devient le refuge de toute sorte de dérapage au nom des libertés individuelles. Je demeure confiant que le bon sens s'immisce si nous savons reconnaître l'essentiel, les valeurs humaines et l'authenticité.



31 août |

La page blanche est ardue parfois. Celle qui cohabite dans mon logis exige des voyages intérieurs et des rêves pour se coloriée. C'est plus difficile à décrire que la beauté des couchers de soleil et des plages somptueuses. Je pourrais fermer les yeux et voyager, me déplacer avec l'aide de mon imagination. Les villes sont rapides, stressantes, performantes et ingrates. On s'en rend pas toujours compte jusqu'au moment d'un séjour prolongée dans le silence. Je pourrais écrire ce journal à l'abri de regards dans mon cahier d'exercices. Le fait de l'alimenter en publique m'oblige à l'effort. Avec le temps et la sagesse qui devrais suivre avec le temps, ce silence précieux est recherchée. Je fuis les bavardages incessants et stériles, les critiques acerbes et le ton moralisateur. Si je pouvais simplement rester tranquille dans ma chambre ça serais plus simple. Je suis un idéaliste rêveur et, paraît-il, ce qui distingue les poissons c'est l'insaisissable et la contrariété. Son symbole est deux poissons nageant dans des directions opposées, de là cette dualité. C'est fatiguant à la longue de vivre avec moi-même mais je me soigne dans la méditation et le silence. Les plaines d'Abraham sont mon havre de paix préféré dans cette urbanité jamais assouvie, un oasis de fraîcheur dans ce monde de cinglés. Nous sommes au coeur de la colline parlementaire, le siège du pouvoir où règnent les artistes du beau discours et de l'organisation. Je n'irai pas plus loin dans cette direction mais incessamment je sais que je repartirai moins longtemps et moins loin cette fois-ci en nature. Le public ne me manque pas, les amitiés sincères davantage. Les sempiternels "hi how are you doing ?" des anglophones me manquent, je m'y sentais étranger parfois mais toujours séduit. Lentement ma page perd sa blancheur. Mon besoin de créer est essentiel en écrivant ces confidences. Une rupture s'est effectuée dans ma routine d'engagements et d'immobilisation. Je renais une fois de plus afin de repartir sur une trajectoire inexplorée. Le lâcher-prise me sert de tremplin pour l'acceptation et l'amour. Le voyage dans l'Ouest accompli, le vide est un baume ressourçant afin de poursuivre le chemin qui m'est destiné. Parfois je me demande où est cette ligne tracée entre ce que je veux et ce que je peux. Les réponses ressurgiront dans la tranquillité et le temps. En attendant la routine est réconfortante et les mots partagés sur la page blanche apaisante.
 

30 août |

J'ai passé une grande partie de ma vie à me promener au Québec et ailleurs dans le monde. Des voyages pas toujours de grand repos comme on dit. Sac à dos la plupart du temps à vélo, en randonnée, seul et en groupe pour mon travail. Débutant à l'adolescence, ces escapades et découvertes effectuées m'ont toujours animées. Je suis curieux de nature, sensible et hyperactif, mon idole de jeunesse fut Tintin et ces aventures m'ont inspirées comme plusieurs de ma génération. Enfant en classe je dessinais des routes et connaissait les capitales du monde par cœur. Toutes ces fugues m'ont permis d'acquérir suffisamment de courage, de connaissances et d'audace pour devenir guide touristique et d'aventures plus tard. Après un retour aux études en tourisme je me suis mis au travail rapidement ayant des objectifs précis à l'époque. Je possède un esprit libre et créateur, de nature entreprenante et sociale. Des erreurs j'en ai commises plusieurs car c'est ainsi que j'ai appris. J'ai toujours aimé naviguer dans les sentiers moins fréquentés et ma soif de découvertes ne c'est jamais estompée.


Je suis fils unique et j'ai une demie soeur en Estrie. Issue d'une famille adoptive et plutôt âgée, lorsque j'avais 10 ans ma mère est devenue aveugle et c'est mis à parler constamment pour compenser son handicap visuel. Les voyages de ma jeunesse et les autres, plus tard inconsciemment, devenaient l'extension des yeux de ma mère et j'ai grandi ainsi aimant rapporter les paysages somptueux que je voyais et qui m'avaient terriblement manqués car je ne les connaissaient qu'en rêves et dans les livres. Mon père décédé à mes 10 ans était journaliste agronome avec une formation en théologie. Il m'a soutenu très jeune, notamment en ce qui a trait à la littérature. J'ai trouvé ça difficile et cette histoire me poursuis toujours. Mon apprentissage ne c'est pas fait dans la dentelle et ces fugues ont commencées à se perpétrer très tôt. Les années passèrent et dans la trentaine j'ai créé mon emploi dans le tourisme d'aventures, l'organisation d'activités sportives et sociales. À un certaine époque j'ai été photographe pigiste et un poste m'a particulièrement ébloui est celui au Musée des Beaux Arts dans lequel je prenais des clichés pour le service éducatif en autre. Mes meilleures souvenirs du collège était la philosophie, la communication et le marketing visuelle. J'ai parcouru tous les continents seul et en groupe dans une multitude de voyages. Internet est arrivé un jour et j'ai fait des médias sociaux un allié pour m'assurer une fidèle clientèle. Cette aventure m'a accompagnée pendant plus de 26 ans. J'ai réussi ma vie professionnelle, voyagé sur tous les continents et j'en suis fier. On dit de moi que je suis résiliant. Je fut témoin de multiples réseaux amicaux et affectifs au fil du temps. Mon travail a permis l'initiation à de nombreuses personnes au plein air et au voyage d'aventures. Innovateur, téméraire et avant-gardiste pour l'époque j'étais au bon moment et au bon endroit comme on dit. Le divorce prenait de l'ampleur dans ces années et les gens séparés trouvaient un repère dans le groupe qui n'existaient pas ailleurs. Les temps ont bien changés. Plusieurs m'ont accompagnés dans cette histoire et mon slogan était "joignez cette grande et joyeuse famille" et ça fonctionnais. Jamais un boulot ne pouvait me rapprocher intimement des gens autant et mon rôle était valorisant mais pas toujours évident par la quantité de personnalités différentes et parfois explosives. J'ai côtoyé beaucoup de personnages ainsi, des gens de tous âges et de tout acabit. Ce ne fut pas toujours facile mais la passion m'animait et l'autonomie que ce travail représentait me satisfaisait pleinement. Je me suis fait lentement une nouvelle identité, confiante, engagée et responsable. Mon rôle prenais de plus en plus de place et j'accueillais tous les gens comme des amis et le succès m'enivrait. Mais la réalité en fait est que très peu de gens devinrent de véritables amis mais que des passagers transitoires et des clients. J'avais de la difficulté à tracer mes limites, l'équilibre est si fragile. "Ayez l'oeil au vert" fut mon second slogan et une chanson thème motivait les randonneurs vers les sommets.
 

Vous vous demandez vers où je veux en venir. Mon blogue et journal intime est l'aboutissement d'une aventure entrepris il y a longtemps déjà. Ce projet personnelle était original et unique. Mon but n'est pas d'attirer lecteurs ou participants mais pour moi-même et tant mieux si ces propos vous inspirent. Il est impensable d'imaginer que je mets la clef dans la porte après toute ces années. Je chemine lentement vers l'écriture de récits-essai et qui sait d'autres projets quelconque dans le futur. Je n'ai plus la même énergie qui m'animait dans la trentaine mais mon esprit est limpide et clair pour de nouveaux élans vert l'aventure.


28 août |

Je vais discuter véhicules récréatifs. Il y a plusieurs modèles et grandeurs disponibles. On peut l'utiliser pour de courts et longs séjours seul, en couple, entre amis ou en famille. Des styles, modèles, grandeurs pour tous les goûts. Ces jouets sont plutôt dispendieux à l'état neuf et pas toujours évident de s'en procurer un bon usagé. Ça demande une sérieuse inspection. De plus il faut se tester sur la route plusieurs semaines si ces véhicules de loisirs sont faits pour nos besoins. Mon VR est plutôt petit mais complètement équipé pour voyager de façon autonome. Je suis seul pas par choix et parfois cette solitude je la subie. Rien n'étant parfait en ce monde que l'on sois seul ou en couple mais il est, selon moi, plus sain et agréable d'avoir de la compagnie pour partager si vous me saisissez. Je ne crois pas que je vais revivre cette expérience en vanlife de façon prolongée du moins en solitaire car je suis un être social qui a besoin d'échanges d'idées et de sentiments. L'anglais ça va pour moi mais n'étant pas parfaitement bilingue je me suis senti isolé pour cette période quand même considérable de 80 jours. Je ne regrette rien et suis très heureux de mon campeur. Il sera utilisé pour de courts séjours et peut être plus souvent. Il deviendra un "weekender" pour me sortir de Québec et me rapprocher de la nature. Ma ville natale est fort agréable mais c'est quand même une agglomération urbaine pas toujours tranquille de près d'un million d'habitants. Je ne connais pas l'avenir et des considérations futures peuvent changées. Ce long périple en van m'a permis d'apprécier ce que j'ai, ce que je suis. Plusieurs rêves ne resteront pour plusieurs que des rêves car la réalisation de ces derniers ne sont pas toujours réalisable. Ce voyage m'a fait prendre conscience que j'ai un encrage fort envers ma ville natale et surtout le Québec. C'est à quoi ça sert le voyage, car partir c'est mieux revenir et ainsi se retrouver. Toutefois tôt ou tard le besoin d'évasion se fait sentir. Déraciné temporairement le voyage en solo sur plusieurs mois est confrontant voire déroutant. Pour moi le voyage c'est le regard vers l'extérieur en premier lieu. Après un certain temps il devient essentiel de porter ce même regard vers l'intérieur et de prendre une pause. Sur la route il y a constamment des choix à faire et à la longue j'ai trouvé ça éreintant. L'homme et son cerveau sont doués d'une complexité étonnante du moins le mien.  On n'a qu'à observer autour de soi pour s'en apercevoir, notre monde se complexifie de plus en plus. Je pense ici à la mondialisation et la perte de repères pour plusieurs, la banalisation des valeurs, l'endettement et le coût de la vie, la consommation à outrance, les ressources qui s'amenuisent. Mais partout à chaque instant la vie renaît et jaillie de partout. Humblement j'ai de plus en plus confiance en mes affirmations littéraires car c'est là où j'en suis rendu. Mon "weekender" devient un allié pour atteindre l'équilibre si fragile entre la cité et la campagne, entre la foule et l'apaisement des bois. Le recul est toujours nécessaire, n'est-ce pas en partie pour ça qu'on prend une marche ! Le vide fût pour moi difficile à effectuer sur la route à long terme car le nez trop souvent dans le véhicule. Manque de discipline et de repos? Vouloir tout saisir en même temps n'est pas recommandé. Je refais souvent les mêmes erreurs car je suis têtu et hyperactif mais l'important c'est que je demeure dans l'action. Le temps me donnera des réponses, pour le moment j'apprécie tout court la vie et je remercie !



25 août |

Ayant pris l'habitude d'écrire sur le blogue tous les jours depuis mai en voyage exploratoire dans l'ouest canadien, le besoin d'écrire à nouveau se manifeste. De retour à la maison après ce long périple de 80 jours, ce voyage assez costaud pour un néophyte comme moi dans le vanlife m'a bousculé. On a l'habitude du vanlife sur Instagram et on ne voit qu'une partie de la réalité. De belles personnes dans leurs plus beaux atouts et une image qui ne représente la réalité qu'une fraction de seconde. Ce blogue est publique et ça me prends une certaine dose de courage, de créativité et un intérêt marqué pour l'écriture sur le web. Je me dois d'être vigilant avec l'ego, sagesse exige. Le voyage ne sera pas nécessairement le sujet principal car cela deviendrait redondant. J'éprouve du plaisir à choisir les bons mots et nous avons la chance de parler une langue extraordinaire m'identifiant en tant qu'individu à part entière. J'ai souvent cru que c'est dans les épreuves qu'on grandi alors je me sens prêt à aller plus loin encore dans l'aventure des mots car cette aventure fut quand même ardue par la distance parcourue en autre. Je n'ai plus cette barrière qui jadis me campais dans un rôle bien établi et qui me permettra de dépasser mes limites en ce sens. Je me sens davantage libre d'exprimer mes sentiments et d'explorer de nouvelles avenues. Que les "followers" me suivent ou pas ça n'a plus d'importance. Que les internautes aiment ma page ou pas n'est plus mon objectif. Le nouveau blogue-essai de l'aventure vient de naître et me permet un accomplissement et une liberté inégalée.
 

ROUTE DE L'OUEST (vanlife)

Québec | 16 août

C'est aujourd'hui en ce dimanche caniculaire que ce termine cette grande odyssée en vanlife sur la route de l'ouest canadien. Durant 80 jours, soit du 29 mai au 16 août, j'ai parcouru six provinces seul dans une petite camionnette aménagée. Pas de soucis mécaniques sauf une crevaison en roulant et une contravention de 20$. L'Ontario fut plus difficile car pas d'autres choix que de rouler sur la transcanadienne 2200 kilomètres d'Ottawa à Kenora. Tout ce territoire est long et monotone sauf à certains endroits des Grands Lacs. Vinrent les Prairies, quelques longueurs surtout le Manitoba qui est monotone et plat. La Saskatchewan et l'Alberta en cherchant bien j'ai déniché de beaux endroits insoupçonnés dans de rares montagnes et collines désertiques car plat presque partout dans la province. Je fut ravi par le sud de la vallée Okanagan, la vallée Similkameen, Kootenay, les Montagnes Rocheuses en Colombie Britannique, les Grasslands et les Badlands en Saskatchewan, Red Deer River Valley et le village fantôme de Dorothy en Alberta pour sa région des dinosaures, Watertown Park et Grand Chief Mtn, dans les Rocheuses en entrant au BC. Je fut étonné par la beauté des déserts et du grasslands. Le passage aux Montagnes Rocheuses est rempli de magie surtout en marchant sur les glaciers et sommets abruptes avec Gérard ou Clinton. L'île de Vancouver ne fut pas synonyme de dépaysement autant que les Rocheuses et les régions intérieures du BC. Le retour ne fut pas trop difficile sauf car il m'a permis de voir des endroits que je n'avais pas vu à l'aller. Je n'ai jamais passer autant de temps avec les moustiques, j'en ai vu de toutes les couleurs, lorsque l'eau est absente un bon moment et qu'il fait une canicule extrême avec des feux de forêts sans parler des routes de sable étonnamment poussiéreuse alors là j'ai dépassé largement mes limites. J'ai trouvé des spots gratuits cinq étoiles tout le temps et le seul montant déboursé est cinq dollars au camping des "cherry pickers" à Oliver au BC qui, peut être déjà parti en fumée aujourd'hui. Déjà qu'il y avait pas mal de boucane. Le principal ennui est la solitude, le besoin de partager devient inévitable. L'espace de vie est restreint mais pour une durée limitée ça va. Merci de m'avoir accompagné dans ce road trip et j'espère vous avoir fait voyager un peu dans ce pays immense qu'est le Canada. J'ai appris beaucoup sur moi-même, mes limites, mes besoins légitimes. Ce voyage dans l'ouest va m'accompagner longtemps, cette escapade m'a fait grandir au moment où j'en avait le plus besoin après ce terrible hiver pandémique. Mon regard a changé et suis maintenant prêt à aborder des changements car la vie est ainsi faite. 

 
PARCS ONTARIO 
Algonquin, Lake Superior, Neys, Killarney, Quetico, French River Provincial Park
Puskawa National Park

MANITOBA
Turtle Mtn, Whiteshell, Spruce Woods
Provincial Park

SASKATCHEWAN
Cypress Hill Interprovincial Park, East and West Grasslands National Park
Great Sands Hills

ALBERTA
Dinosaur, Midland Provincial Park, Watertown Lakes, Banff National Park

COLOMBIE BRITTANIQUE
Yoho, Glacier, Kootenay
Pacific Rim National Park
Kokanee, Cathedral, Manning, Valhalla, Kettle River, Kobau, Coquihalla Pass, Stemwinder, Gladstone, Otter Lake Provincial Park

Endroits spéciaux
et moments forts

COLOMBIE BRITTANIQUE
Osoyoos et Gyro Park, South Okanagan Valley, Cawston, Keremeos, Similkameen Valley, Kettle River, Victoria, Squamish, Slocan Lake Valley, Lower Nicola River, Ashnola River, Kobau et Strawberry Mtns, Flatiron Mtn à Coquillahala Pass, Kennedy Lake à Tofino, la canicule sous les arbres couché deux jours à 46 degrés. Les marinas, les anciennes gares de trains, les cars wash, les laundromats dans les prairies, les chocolats chauds maison, les pickers de fruits, les chocolatines du matin, les cerises de l'Okanagan, la fraîcheur des rivières du BC, les déserts, grasslands, badlands et glaciers. Les moments les moins forts et les plus difficiles sont les clôtures, les "no parking", le trafic rapide au BC, les feux de forêts, la fumée toxique, la sécheresse, la poussière, les sommets dans les Rocheuses inatteignables, les grizzlys, le prix de l'essence et des aliments et traverser l'Ontario sur la transcanadienne.

ALBERTA
Grand Chief Mtn, Watertown
Drumheller et Dorothy, Red Deer River Valley
Buffalo (ghost town)
Lac Abraham, South Saskatchewan River, Watershed Kootenay Plains, Rocky Mountains 
Reserve Forest

SASKATCHEWAN
Highway 18, McCord, Lakes Alma et Cypress,  vieilles gares de trains, marinas, Gainsborough

ONTARIO
Blind River, Montreal River, Hurkett Cove, Terrace Bay, Neys, Marathon, Île Manitoulin, Killarney Lodge

MANITOBA
Turtle Mtn Provincial Park

QUÉBEC
Plage et marina d'Aylmer, Outaouais


St Barthélémy, Lanaudière, Québec | 15 août

Magnifique réveil sur le quai de Fasset et en route le long de la rivière des Outaouais. Je croise la rivière Rouge dans les Laurentides, fort probablement l'une des plus belles rivières au Québec à cause de ses nombreux bancs de sables et ses eaux chaudes. À St André d'Argentreuil de magnifiques paysages avant la réserve autochtone de Kanasatake. Des dizaines de cabanes qui auparavant servaient à vendre des cigarettes se convertissent pour la plupart en vendeurs de cannabis et de produits dérivés. Après avoir traverser le Canada je n'avais vu pareil cirque commercial, bientôt les pizzas indica. On arrête pas le progrès comme on dit, c'est un peu comme l'informatique et plus ça change et plus c'est pareil. La rivière des Outaouais arrive au lac des Deux Montagnes puis au fleuve St Laurent. Je prends la direction du long de la rivière des Prairies le long de l'île de Montréal. J'avais bien planifier ma journée pour traverser ce secteur dimanche. Peu de circulation. J'arrête où je me semble ici et là comme à l'abbaye d'Oka pour son fameux fromage. Depuis que je suis au Québec il y a beaucoup de dos d'âne pour ralentir la circulation comme si les nids de poules n'étaient pas suffisants. Je me suis arrêté pour la nuit au quai de St Barthélémy face aux îles de Sorel et à côté du lac St Pierre. Je disais précédemment que le Canada de jadis était composé du Haut et du Bas Canada, soit le Québec et l'Ontario. Le pouvoir politique et religieux, le commerce, la culture, nous héritons de nos traditions, des peuples fondateurs les européens et les amérindiens, même si on n'aime pas l'entendre. Ceux qui ont quitté pour le BC ont fait leurs choix, d'autres auront pas le courage. Une partie de la politique du Canada depuis plusieurs années est le multiculturalisme et l'immigration. Le visage du Canada changera mais la vie n'est-t-elle pas ce changement? C'est pour ça que je voyage c'est pour prendre du recul avec mes habitudes et repartir sur des bases plus solides, pour m'adapter et cultivé ma curiosité et mon sentiment de vivre intensément.

Fasset, Outaouais, Québec | 14 août 

Aylmer qui est jumelée à Gatineau anciennement Hull possède la plus belle plage de l'Outaouais à côté de la marina. L'eau y est encore claire et limpide et le vent y est puissant, plus loin ça ressemble aux couleurs du fleuve St Laurent. Il y a longtemps lorsque je venais ici pour faire du vélo quand les pistes cyclables étaient à leurs début au Québec, il y avait beaucoup d'animation et de musique à cette époque, vraiment un bel endroit. Je voulais me remémorer ce vieux souvenir. C'est comme un dernier regard vers la rive ontarienne qui me regarde pour me saluer et me dire de regarder toujours en avant. Les routes au Québec sont pires que les plus mauvais chemins de terre de toutes les provinces canadiennes. Elles sont littéralement défoncées  et c'est certain que les vendeurs d'amortisseurs font de bonnes affaires. C'est faux de dire que c'est le climat. Et les arbres qui deviennent tous petits au passage du Québec, des légendes. Il m'est impossible de rouler plus à plus de 40 km/heure à plusieurs endroits. Sur la plupart des chemins de terre dans l'ouest je roulais à 80 km/heure par exemple. C'est peut être un truc des conseillers municipaux pour éviter d'avoir à donner des contraventions. J'ai fait un arrêt au parc provincial de Plaisance et je vais dormir sur la marina de Fasset passé un peu Montebello. Il n'y a qu'un stationnement sur le quai et j'ai un coucher de soleil extraordinaire sur la rivière Outaouais. L'humidité est tombée. J'entends la musique de bienvenue et rafraîchissant provenant d'une maison voisine de Richard Desjardins et  Zachary Richard pour me souhaiter la bienvenue et un couple vient de s'installer pour pêcher sur le quai. Le château Montebello a été construit à l'époque à mi-chemin entre Ottawa et Montréal, plusieurs  bateaux de plaisance y faisaient un arrêt obligatoire d'où le nom du parc. La grosse différence entres les anglophones et les francophones c'est que les premiers sont davantage intravertis, les francophones extravertis et ça paraît dans tout. Les anglophones sont plus réservés, courtois, respectueux des règles avec des valeurs conservatrices et familiales fortes. Les québécois dont plus nerveux, émotifs. Les anglophones conduisent rapidement car les routes sont belles et plusieurs ont des camions. Au Québec plusieurs petites voitures davantage que partout dans l'ouest. Les gens au BC sont plutôt jeunes et avant-gardistes. Depuis des décennies que le BC fait bande à part complètement de tous les aspects des choix de vie. Plusieurs jeunes voulant faire leurs propres règles avec leurs propres valeurs viennent s'installer mais rien n'est acquis dans ce monde. C'est une province ouverte malgré tout, le travail est abondant et bien rémunéré dans l'ouest. Des gens ont rompus avec les traditions de l'est et la prise en charge compulsive des gouvernements centraux. Le commerce locale au BC est très important quoique au Québec on soit doué sur plusieurs secteurs agricoles et alimentaires en cela c'est important. J'ai fait un ricochet au bureau de Justin mon premier ministre. Il était absent et en congé avec sa famille au parc de la Gatineau. Il m'a dit de le rappeler. Grosse ville, je n'ai qu'une pensée, m'enfuir rapidement, ça me fait trop penser à la vieille capitale...! Mais je trouve les édifices de la colline parlementaire très beaux. Ottawa vient de l'anglais Outaouais qui en Algonquin veux dire commercer. Longtemps elle a été la capitale du bois au Canada, son nom était Bytown et est devenue capitale nationale le 31 décembre 1857. Plus d'un million d'habitants y habitent, la 4ème plus grande au pays. On avait à l'époque quatre villes en liste de devenir la capitale nationale. La reine Victoria a tranchée, ce sera Ottawa car au centre du pays, le Haut et Bas Canada, loin des frontières américaines en cas de conflit. De plus il y avait moins de chance à Ottawa qu'ailleurs de révolte de la population en cas de crise sociale et d'agitation populaire. Bref en extra un cours d'histoire. Je pourrais vous mentionner plusieurs sujets qui ne sont pas inscrites dans les livres d'histoire mais trêve d'humilité.

Pontiac, Vallée de la Rivière Outaouais, Québec | 13 août

Vendredi 13 pour mon retour au Québec. L'essence m'aura coûtée moins chère au retour, les vents dominants de l'ouest est la raison. J'ai traverser la belle province au Pontiac à Portage du Fort, les Chenaux du côté ontarien. La vallée de la rivière Outaouais est propice aux orages violents car cette vallée drainent beaucoup de chaleur l'été et quand le froid du nord s'amène il peut il y avoir des tornades. J'ai zigzagué toute la journée entre de grosses cellules orageuses. Des terrains privés sont partout présents. Pontiac est pas loin du parc de la Gatineau et de ces collines luxuriantes. Je campe gratuitement au camping municipal. Je me suis baigné dans plusieurs lacs et rivières aujourd'hui en Ontario et en terminant tête première dans l'Outaouais. J'ai hâte de quitter cette canicule, il m'aurait été impensable faire un voyage à long terme dans cette chaleur humide extrême. Dans l'ouest jamais je n'ai jamais vécu cela, matin, soir et nuit là-bas c'est toujours frais. Sur 80 jours de road trip parcouru j'ai eu environ 4-5 jours de pluie.

Opeongo River Provincial Park, Algonquin Mtns, Eastern Ontario | 12 août

Je suis parti aussitôt l'oeil ouvert pour aller déjeuner à Parry Sound sur Georgian Bay afin de fêter mon départ de l'autoroute et de mon approche du Québec. Je suis à Rosseau, joli village avec une architecture différente que j'avais l'habitude de voir. C'est très soigné et ça me permets de revivre l'après transcanadienne. J'ai envie de faire mon bilan en rapport avec mes deux vélos. Le prochain grand voyage du genre je n'apporterai aucun vélos ni de route ni de montagne. Ce n'est pas que je n'aime plus ça mais les grandes distances effectuées en van pour aller soit dans l'ouest américain ou canadien sont trop grandes pour avoir envie de repartir sur la route...à vélo. J'en ferai davantage lors de séjours plus courts dorénavant. Voir son vélo pendant des mois en arrière c'est pas terrible. De plus la van aura une meilleure conduite sur les longues distances. Sur les longs parcours je ferai davantage de randonnée et de tourisme. Ça fait longtemps que je réfléchis à ça. Le plus agréable c'est toujours par les petits villages et routes secondaires. Toronto est à seulement à 200 kilomètres et Ottawa à 250 kilomètres. Signe que je m'approche du Québec, le ciel est de plus en plus gris et instable et les routes se détériorent. Je me baigne ici et là à Algonquin Provincial Park. C'est un parc avec une forêt très ancienne avec de petites collines de feuillues mixtes et de lacs innombrables. Le parc est le plus ancien de l'Ontario inauguré en 1893 et le plus ancien parc du Québec est le Mont Tremblant en 1895. Celui de Banff en Alberta alors est le premier parc canadien créé en 1885. En Amérique du Nord le doyen des parcs est Yellowstone au Wyoming. Le St  parc Algonquin a été créé à l'époque pour protéger les européens de venir chercher sur les versants de la rivière des Outaouais les grands pins blancs et rouges. On connaît l'histoire mais c'est de ce côté que les plus beaux pins de l'est de l'Amérique se retrouvaient.


Sturgeon Bay, Pointe au Baril, Georgian Bay, Eastern Ontario | 11 août

Une très grosse journée de route sur la transcanadienne. J'ai pris un arrêt baignade à Blind River, c'était l'un de mes premiers spot du voyage. J'ai arrêté au quai d'Algoma Mills sur Huron Lake, de toute beauté. Les orages s'en viennent et le ciel se noirci. J'arrête partout au retour de l'ouest. La fougue est différente, je suis plus comptemplatif, plus lent. Tous les véhicules me dépassent sur la route, je roule à faible vitesse surtout au retour. Je suis sur le bord d'une marina. C'est pas ça qui manque. Il pleut et c'est très humide. Demain je ferai du nouveau sur la route, je sortirai de la transcanadienne à Parry Sound, quelle histoire cet "highway" en Ontario qui n'en fini plus. Dans chaque province il est possible de prendre une quantité inouïe de routes principales et secondaires sauf au nord de l'Ontario en allant dans l'ouest.


Kensington Point, Huron Lake, Eastern Ontario | 10 août

Brouillard épais sur la transcanadienne le long du lac Supérieur. 2200 kilomètres approximativement est la distance pour traverser l'Ontario ce qui en fait la portion la plus redoutable pour aller dans l'ouest, 700 kilomètres de Thunder Bay à Sault Ste Marie, c'est la plus ennuyeuse partie. Plus court et plus attrayant pour aller dans l'ouest américain ou canadien serait de passer par le nord des USA et moins cher pour l'essence et l'épicerie. Sault Ste Marie serait un bon point de passage vers le nord des USA.  C'est humide ce soir, je me baigne dans le lac Huron. Ce lac est de loin beaucoup plus chaud que le lac Supérieur. Ce dernier est une particularité homologuée par L'UNESCO. C'est le plus grand réservoir d'eau potable de la planète.

Marathon, Superior Lake, Western Ontario | 9 août

J'aurai dormi pas mal à Hurkett Cove, retenez cette adresse si vous passez. Deux nuits en plein silence. Mes batteries rechargées je reprends la route. Il y a pas de trafic mais du brouillard très dense, c'est froid, j'arrive à Pebble Beach de Marathon, le même spot qu'à aller il y a bien longtemps déjà. Je revois mon énergie du départ et maintenant comment je suis. Ce retour en arrière après quelques mois ça fais plutôt drôle, cela n'arrivais qu'au début vingtaine ces longs périples. Je voulais partir longtemps en vanlife. La van m'offre un minimum de confort, de plaisir et de facilité pour partir des mois, chose qu'avec une voiture cela aurait été impensable sauf à l'âge de 16 ans. La van isole d'une certaine façon mais permets de vivre dans sa bulle, dans sa boîte devrais-je dire. Même les gîtes, hôtels et refuges n'offrent pas cette liberté et cette autonomie de dormir et de manger quelques soient la température au sec où je veux. Je vais m'endormir au bruit des vagues du lac Supérieur ce soir. J'écoute une émission de Robert Lepage à la radio, il est brillant je l'aime bien. Bientôt dans mon blogue le mot "eastern" s'en vient. Intense comme voyage, traverser l'un des plus grands pays au monde dans une fourgonnette. Partir dans l'ouest du Canada il n'y a pas autant de choix de routes et d'autoroutes comme aux USA. Aux USA c'est plus diversifié comme paysage, désolé pour les nationalistes. Les premiers européens qui achetaient des croisières aller simple avec toutes leurs économies pour venir en Amérique avaient deux options selon leurs revenus, le Canada en économique et les USA "first class" comme on dit. Regardez ça comme vous voulez, j'ai mon idée. Il y a la vieille argent, la classe moyenne qui arrive à peine, ceux qui doivent tout à la banque et d'autres qui travaillent fort pour différentes raisons. On ne part pas tous du même endroit. Chaque chose en son temps comme on dit, je réalise un grand rêve américain pour l'instant, au prochain j'aimerais pouvoir ajouter une assiette de plus pour les pâtes, je lance la bouteille à la mer (ou au lac) Supérieur. Vous me voyez bien frayer, mon signe est Poisson.


Hurkett Cove Conservation Area, Black Bay, Superior Lake, Western Ontario | 8 août

Interdiction "d'overnight camping", j'ai pris une chance, j'étais complètement seul dans ce lieu magique au bord du lac Supérieur. Un organisme a développé des petits espaces naturels dans la région depuis quelques temps seulement. Il n'y a personne au lever, il a mouillé toute la nuit. Je suis au paradis. C'est ma vrai première journée de pluie fraîche et rafraissante. Le lieu m'inspire, le calme, le vent frais. Ça fait changement de la fumée et des canicules. Le lac Supérieur est la plus grande étendue d'eau douce au monde. L'autre côté aux USA c'est le Michigan. Parfois je me demande comment ça se passe en boondoking aux USA avec les armes à feu. La transition s'effectue bien entre l'ouest et l'est avec un endroit comme Hurkett Cove. J'y passe une autre nuit.

Hurkett Cove Conservation Area, Black Bay, Superior Lake, Western Ontario | 7 août

Je prends une pause à Quetico Provincial Park. Ce parc avec ceux du Minnesota à la frontière en font une zone importante et riche de forêts denses mixtes et de lacs. C'est ici que passait la Dawson Trail, la première voie des colons venus des Grands Lacs vers Winnipeg et les prairies. La route  en canoë est énorme du lac Supérieur de Thunder Bay à St Boniface (Winnipeg) à environ 550 kilomètres. Au nord de ce vaste territoire la forêt boréal.  Boundary Park Water Canoë Area Wilderness cohabite avec Superior Lake Forest et Voyageurs National Park au Minnesota et ont développé une réputation internationale pour la pratique du canoë et de la pêche sportive.  Dans Quetico Provincial Park un portage de deux kilomètres devaient être effectués sur French River. À Thunder Bay je vois le panneau vers l'est Sault Ste Marie à 680 kilomètres, c'est quelque chose. Je trouve un beau spot sur le bord du lac Supérieur à Hurkett Cove. Je suis seul et tranquille, c'est un site de conservation, tout est nouveau. La van est propre et moi aussi après une douche chaude au Quetico Provincial Park. Je n'ai plus la poussière de l'ouest et des prairies. Cette poussière s'infiltre partout et est omniprésente même dans les aliments. C'est toujours assez frais au nord du lac Supérieur, c'est le grand nord ici. Demain j'irai marcher pour oublier la route, une sentier longue le littoral. Je dois avouer qu'après les régions de l'ouest en arrière de moi et près de deux mois et demi sur la route, une petite routine à la maison fera l'affaire quelques temps. Le gros morceau à travailler c'est la solitude. Ne pas partager ces choses extraordinaires ça me manque. Voilà en partie la raison de mon journal de voyage. Mais Québec et son presqu'un million d'habitant ne m'excite pas plus qu'il le faut maintenant quoique le dortoir à la maison pour reprendre son souffle sera confortable avec une petite routine sociétale. Je viens de lire sur internet que les feux de forêts font rage au BC de plus belle. Les régions d'Osoyoos, Oliver, Vernon pour ne nommer ceux là seront évacués. Plusieurs endroits que j'ai campé, marché et traversé ne sera plus possible. Le seul camping déboursé depuis le 29 mai à Oliver est 5$ de tout le voyage n'existe peut être plus. C'était un gros campement de cueilleurs de fruits. Le Black Sage Road à Oliver est fermé à cause des feux. Ce sont les meilleurs vignobles du BC qui s'y retrouvent.


Rainy Lake, Fort Frances, Western Ontario | 6 août

Le muskeg est une végétation de tourbière, c'est la transition entre la prairie du Manitoba et la forêt de l'Ontario. Le Lake of the Woods est une immensité aquatique. Les Sioux habite ce territoire à la frontière avec le Minnesota, je suis à Fort Frances en pause de la route. La transcanadienne entre Kenora et Thunder Bay fait 500 kilomètres et se divise en deux soit la 17 ou la 71 et la 11 plus longue mais beaucoup plus intéressante et moins de circulation. Le fait que la frontière américaine soit fermée la circulation est quasi nulle sur ce tronçon de Fort Frances qui se nomme International Falls de l'autre côté du pont au Minessota. L'industrie forestière et le transport ferroviaire sont des pôles majeurs. Le nom de rue le plus populaire je crois dans l'ouest est Railway Avenue. À chaque virage un lac s'invite sur la route de Kenora à Fort Frances. Je suis moins comptemplatif depuis mon retour en Ontario, le climat, l'absence des régions arides. Sur internet on parle de 4ème vague, on est pas sorti du bois !

Falcon Lake, Whiteshell Provincial Park, Manitoba | 5 août

Les nuits sont longues a Winnipeg disait la chanson. Tellement pas envie de m'ennuyer que j'ai passé à cent kilomètres au sud. Le Manitoba j'en retiendrai pas grand chose si ce n'est le Turtle Mtn Provincial Park. J'ai pris la route de gravier la 308 qui c'est pas avéré un bon choix, aussi monotone que la transcanadienne. La pluie a tombé aujourd'hui, c'est frais et le ciel est gris depuis très longtemps maintenant. Je n'ai pas vu de température normale de l'été. Peut être que la normalité a perdu ces repères. Ça sent les feux de forêts du Manitoba. Le switch de l'ouest à l'est du pays ce fera demain en traversant en Ontario. Ça me fait un petit pincement. Les distances sont incroyablement grandes. Pour la même distance j'aurais traverser l'Europe et des dizaines de pays. Bravo Tim Horton d'unir notre beau et grand pays d'un océan à l'autre.


Altona, Southern Manitoba | 4 août

J'ai marché dans la forêt sur le bord du lac Adam à Turtle Mtn Provincial Park. C'est absolument magnifique cet endroit et ça contraste avec les prairies. Il y a davantage de cultures intensives de céréales au Manitoba qu'en Saskatchewan et en Alberta. Le Manitoba est prairie de type aux herbes hautes et possède les cultures les plus prolifiques au monde, le blé notamment. L'ensemble du territoire est plat. La ligne de changement de climat se situe entre le Manitoba et la Saskatchewan. Des orages violents se forment au Manitoba comme ce soir. Le climat sec de l'ouest se heurte au climat humide des Grands Lacs. Depuis mon départ la pluie n'a tomber que trois jours. Je suis aller nager et prendre une douche à Killarney Lake. Il a mouillé beaucoup cette nuit et la pluie a arrêter à deux kilomètres de mon spot. Winnipeg est une ville très étendue et platte. Toute la province aussi alors je ne m'attarderai pas davantage. J'entends les grillons ce soir, de la musique à mes oreilles.

International Peace Garden, Turtle Mtn Provincial Park, Southern Manitoba | 3 août

Avant de franchir la frontière du Manitoba j'ai fait l'épicerie, aller au car wash, laundromat, changement d'huile à Alida et une bonne douche à la piscine municipale de Carnduff en Saskatchewan. Comme si je devais me mettre à jour pour cet événement car chaque province traversée représente des souvenirs mémorables. Ce soir je suis relaxe près d'un étang à Turtle Mtn Provincial Park sur la frontière américaine qui devient International Peace Garden Park avec North Dakota. C'est une assez grande région de petites collines très boisées, de feuillue très dense et de lacs parsemés. Un autre parc canadien travaille conjointement aussi avec les USA, Watertown Lakes Provincial Park aux frontières Montana, BC et Alberta. J'ai traversé des nuages de mouches et de sauterelles aujourd'hui. Je ne peux pas laisser les portes ouvertes sans moustiquaire. Triste réalité, le port du masque est obligatoire au Manitoba, ça faisait deux mois que j'avais oublié ça. Élément nouveau, de belles maisons de pierres des champs au Manitoba apparaissent dans le décor. Je laisse présager des paysages somptueux et un relief plus relevé au nord-ouest américain, Dakota's, Montana, Washington, Oregon, Nebraska, Wyoming. Ceci représente une formidable odyssée en vanlife sur plusieurs mois. C'est à Moose Jaw en Saskatchewan que délimite la région désertique de l'ouest de la province jusqu'à Medecine Hat dans l'est de Alberta. L'épicentre de ce désert est Grasslands National Park. Ce matin je ressens l'humidité pour la première fois et le climat change La seconde grande région désertique est South Okanagan et Similkameen Valley au BC. Le grand système de ce désert provient du Nevada et du Sud-Ouest des USA et remonte au Canada dans ces deux grandes régions qui me fascinent beaucoup. J'aime le calme du désert. Voici ma suggestion de route pour la traversée du Canada. La 17 en Ontario à partir d'Ottawa et les suivantes le long des USA à partir des Prairies. La 3 au Manitoba, Alberta et BC et la 18 en Saskatchewan. Retour avec des variantes pour voir ce qui m'a échappé à l'aller. Selon moi cet itinéraire à partir du Manitoba est le plus pittoresque. Du backcountry dans l'ouest demeure une grande aventure, en vanlife encore mieux. Sortir des sentiers battus et tracer ma propre route en toute quiétude.

Oxbow, Southern Saskatchewan | 2 août

Je me suis rappelé quelques endroits en allant vers l'ouest en juin dernier. La route 18 est vraiment tranquille, rarement vu ça. Le calme plat est bien dit dans les circonstances. Beaucoup de fumée aujourd'hui. Il y a davantage d'arbres. Je suis passé dans plusieurs grandes régions naturelles et les distances sont incroyables.


Big Muddy Badlands Valley, Grasslands, Southern Saskatchewan | 1er août

Définitivement le sud de la Saskatchewan sur la frontière américaine possède de belles collines et de larges coulées. Ailleurs c'est la plaine invasive et ennuyante. Je suis au coeur des Badlands. Il y a beaucoup de faucons des prairies. Les animaux et les oiseaux très tôt sont perceptibles, c'est l'heure que je préfère et pour la fraîcheur du désert. Il a fait 38 degrés aujourd'hui, pas d'arbres et pas d'eau ça paraît. Ça fait trois jours que je vois personne et que je n'entends pas d'autos et de circulation. Je suis en train de me désintoxiquer de cette urbanité, des médias et du trafic. Au fait le cervidé aperçu dans les Grasslands est l'antilope d'Amérique.


McCord, Grasslands, Southern Saskatchewan | 31 juillet

À vrai dire j'arpente en zigzaguant la Saskatchewan et c'est vraiment très plat. J'essaie de trouver des collines, des coulées. Je dois avouer qu'il y a des longueurs. Après les Great Sands Hills je suis retourné au sud de la transcanadienne sur une des portions que j'avais fait en juin car les ondulations du terrain sont du côté de Cypress Hill et de Grasslands Park à la frontière américaine. Sur une journée complète en van je n'ai vu que trois voitures sur la route 18 qui longe les USA. Le Montana ce sera partie remise. Je suis encore dans un camping municipal gratuit, encore seul et c'est cool. Dans plusieurs villages de Saskatchewan il n'a pas d'asphalte et les maisons ont été construites dans des oasis. Le thème du train est fort, c'était le progrès qu'ils disaient. Il n'y a plus personne qui passe, il n'y a que les fantômes du far west et les pionniers à qui je salue leur courage. La petite gare de McCord demeure debout, chaude l'été et glaciale l'hiver. Il y a le musée juste à côté dans la gare de train abandonnée. Je suis obligé d'ouvrir le ventilateur et mettre mon moustiquaire. Il y a beaucoup de mouches dans les Grasslands il fait très chaud et je viens de manger du riz au thon. Watatow ! j'ai sorti ma tapette à mouches. J'ai hâte d'avoir un peu de fraîcheur, même les vaches étaient allongées aujourd'hui. Il y a un espèce de gros cervidé à corne commun dans l'ouest, l'antilope d'Amérique qui habitent les Grasslands, c'est magnifique de les voir courir dans la prairie.

Lancer, South Saskatchewan River, Saskatchewan | 30 juillet

C'est pas les places qui manquent pour dormir gratuit dans les Prairies. Ça fait quatre beaux campings (special areas) que je vois en deux jours. J'ai été marcher au Great Sands Hills Ecological Réserve. Il fait très chaud l'après-midi. Des immensités de collines en sables sur un très long chemin de gravier poussiéreux pour y accéder. Les routes secondaires en Saskatchewan en gravier peuvent être longues et pénibles. J'ai de la poussière partout mais Indiana Jones aime ça. Ma van est pas mal dans ce genre de route et le sera davantage car je n'aurai plus mes deux vélos aux prochains grands voyages. Je serai plus léger et n'aurai davantage que l'essentiel, mes bottes de randonnées. Après tout ce temps je commence à avoir une idée du set-up, des routes recherchées, du type de randonnées, l'alternance villages et montagnes. L'Alberta est à mes yeux industriel, du pétrole et des ranchs. La Saskatchewan davantage rurale et agricole. Ce qui étonne dans les Prairies est le silence en dehors des sentiers battus comme ici ce soir à Lancer. Je ne vois personne, il y a pas d'autos. On dirait que la vie c'est arrêté ici. J'ai un plan général de route vers l'Est et j'observe beaucoup au fur et à mesure des virages et des collines. Curieux je ne me lasse de découvrir l'arrière-pays, vous aurez bien deviné.

Buffalo (ghost Town), Red Deer River Valley, Southern Alberta | 29 juillet

Aujourd'hui ça fait deux mois que je suis en vanlife à travers six provinces canadiennes. Voici le Grand Canyon canadien, le Dinosaur Provincial Park en Alberta, grandiose. Des ranchs et du pétrole, voici le résumé sommaire de ce que je retrouve sur ma route. Je suis à Buffalo, un village fantôme situé sur la Red Deer River. Il y en a une cinquantaine abandonnée principalement par la fermeture des mines de charbon. Je me croirais dans un film du far west. Il y a beaucoup de lignes électriques dans les champs, ces poteaux ayant pour but d'alimenter les pompes pour extraire le pétrole et le gaz naturel qui sont partout et qui représente 70 pourcent de toute les réserves naturelles au Canada. La Red Deer River traverse l'Alberta au complet et va rejoindre la South Saskatchewan River au hameau d'Empress. Après 11h00 c'est trop chaud pour marcher et dans le secteur où je me retrouve il n'y a pas d'eau pour se rafraîchir. L'herbe est devenue jaune et brûlée par le soleil. C'est ça l'ouest, diversité, immensité sauvage. Il n'y a pas de rumeurs du passé ici, l'histoire des visages pâles est récente dans les Prairies. Plusieurs canadiens-français sont reconnus pour être de bons explorateurs et s'étant fait des alliés avec les autochtones de plusieurs nations. Un voyage dans ces régions me permets de voir mes priorités et de relativer mon environnement. Faut que je sois prudent avec la chaleur torride ici car la différence avec le BC c'est que l'horizon peut être absent d'arbres. Le chinnok à l'Est des Rocheuses assèche rapidement mon énergie, beaucoup d'eau est nécessaire pour marcher dans les coulées. Ce sont ces longues et profondes coulées dans les Badlands que je recherche pour marcher dans les Prairies. Je pense au film 'Seul au monde' avec Tom Hanks, une chance que j'ai mon téléphone sinon je me mettrais à parler avec Wilson son ballon.

Dinosaur Provincial Park, Red Deer River, Steveville, Southern Alberta | 28 juillet

Ce matin à Dorothy j'ai fait deux bonnes randonnées hors piste des deux côtés de la Red Deer River. Éblouissant et facile, quel dépaysement. Quinze kilomètres au total. Sur la route vinre ensuite une plaine assez monotone pour s'endormir au volant, j'y ai presque arrivé. J'arrive au Dinausor Provincial Park. Je suis installé sur un camping gratuit du Dinosaur Park. Le canyon et la falaise haute font 500 mètres. Le secteur où je me trouve est complètement désert, pas de touristes de ce côté. La sieste au vent, le pop top monté avec cette vue époustouflante ! Qui oseras dire que c'est platte les Prairies ? Faut savoir où aller sinon la route pourra sembler longue.

Dorothy, Badlands, Red Deer River Valley, Southern Alberta | 27 juillet

Jamais je n'aurai cru découvrir d'aussi beaux endroits dans les Prairies. Je suis à Dorothy dans les Badlands en Alberta. J'ai marché six kilomètres dans le Midland Provincial Park à Drumheller. C'était jadis la première d'une longue et importante série de mines de charbon. Le pétrole et les sables bitumineux ont éliminer l'industrie du charbon et le gouvernement a acquis le site pour en faire un parc. Les derricks de pétrole sont visibles partout dans le paysage. Le site et les alentours sont vraiment magnifiques, il y a dans Red Deer River Valley des "mesas"et des "hoodoos" à l'infini, on se croirais au Texas ou au Nouveau Mexique. La ville est devenue jadis très prospère avec les mineurs venus de partout à compter. Aujourd'ui on tente de relever l'économie avec le thème des dinosaures. La grande région des Badlands en Alberta du Sud-Est a développé le tourisme en rapport avec des fossiles de dinosaures retrouvés dans les Badlands. En après-midi j'ai fait du hors piste enfin car il était impossible de faire ça dans les Rocheuses. Ce qui caractérise le Sud-Est de l'Alberta ce sont les rivières qui sont de véritables canyons où poussent les cactus et la sauge sauvage. Plus besoin de s'inquiéter pour les ours. C'est immense tout ça ici, c'est une belle expérience, c'est tranquille. Parfois je réalise que j'habite dans une grande ville avec du bruit, de la pollution sonore et visuelle. C'est pas un choix, j'y suis né et l'habitude s'y construit. Les sommets de ces creeks font 300-400 mètres, c'est plus cool que de voir des montagnes inaccessibles assis dans la van. J'exagère mais les Prairies est un voyage en soi, trois provinces, de véritables terrains de jeu je vous l'assure mais faut savoir où aller sinon on peut s'ennuyer. Toujours prendre les routes secondaires et les petits villages pour aller à la rencontre de l'authenticité. Je ne regarderai plus jamais la plaine du Saint-Laurent de la même façon.

Badlands, Big Valley, Alberta |26 juillet

Je suis passé chercher mon pneu à Red Deer. Inspection de la van, tout est parfait. Je prends la route de l'Est pour les Badlands et les Grasslands. Je prendrai bien non temps pour dénicher des endroits insolites. Fin d'après-midi je suis complètement perdu dans les petites collines et dans le silence absolu. J'aime me bien led Prairies et tout ce qui l'associé. Le vent est sec et chaud et il n'y a pas d'ours. Un bruit soudain....les boeufs de l'ouest venus voir ma van. Il y a beaucoup d'orages violents dans les Prairies près des Rocheuses. L'herbe y est plus verte. C'est qu'il y a deux systèmes atmosphériques qui se chevauchent près des Rocheuses. Il y a davantage de précipitations vers Calgary et Edmonton. Les Badlands et Grasslands se retrouvent principalement à l'Est de l'Alberta et l'ouest de la Saskatchewan.

Sylvain Lake Park, Alberta | 25 juillet

Les Prairies arrivent rapidement après le lac Abraham sur la route 11. Ça me fait tout drôle de revenir sur le plat après le BC. La couleur verte de l'eau dans les Rocheuses est causée par le concassemement de la pierre sous les glaciers qui fondent. Ça devient une farine de roches qui lorsque la lumière traverse cette farine en suspension dans l'eau ça fait cette couleur turquoise. Un peu nostalgique après toutes ces expériences intenses au BC, si ce n'avait été des feux de forêts, j'aurais prolonger dans les Rocheuses. Il y a une belle grande plage à Sylvain Lake, je campe sur la plage. En soirée un gros orage électrique, des gros grêlons de neige molle. Ensuite le ciel se remplie de chauve-souris. Ça fait drôle il avait pas plu depuis plus d'un mois. Alberta et BC deux mondes, deux cultures différentes. En blague un albertain me dit le BC ça veut dire "Bring Cash". Bon faut que je m'y fasse et regarder en avant. On pourrait discuter longtemps. Je suis bien sous la pluie dans la van. Je ne m'ennuie pas de Québec, juste d'avoir de la compagnie parfois pour jaser et pour la montagne c'est beaucoup plus cool à deux ! Dans les Prairies toutefois il n'y devrait pas y avoir d'ours !

North Saskatchewan River Watershed, Kootenay Plains, Rocky Mountains Reserve Forest, Alberta | 24 juillet

En prenant la route de Jasper je passe devant le Glacier Bow, il est très près de la route, sur les rives de Bow Lake. C'est spectaculaire de voir ces hauts sommets infranchissables. Ça me rend impuissant de ne pas pouvoir marcher là haut. Il y a plusieurs sommets à plus de 3000 mètres et des centaines de glaciers. Moins qui me croyait un solide randonneur, quand je vois tous ces "peaks" à la verticale dans la neige. En Europe et aux USA il y a davantage de monde alors davantage de sommets accessibles. On parle davantage d'alpinisme ici pour atteindre les sommets pour la plupart dans les Rocheuses. La fumée est très dense aujourd'hui, c'est de pire en pire. Je bifurque sur la route 11 à Saskatchewan River Crossing. Il vente fort au lac Abraham dans Rocky Mountains Reserve Forest. J'ai déniché un beau et magnifique camping gratuit sur le lac à Preachers Point, à vrai dire ils auront été tous gratui et loin de la horde de touristes et de passants de la transcanadienne et des parcs de Banff et Jasper, j'ai sorti enfin des zones de turbulences. Ça va coûter moins cher pour les achats de tous les jours. Défitivement je n'aime pas les foules à moins d'y être obliger. Le lac Abraham est un must. La route pour franchir les Rocheuses est celle de Lethbridge à mon goût avec un arrêt à obligatoire à Watertown. Le plus haut sommet dans les Rocky Mountains est le Mt Robson à près de 4000 mètres et le plus haut au Canada est au Yukon le Mt Logan à près de 6000 mètres. En Alberta le plus haut est le Mt Alberta à près de 3500 mètres. Voilà !

Canmore, Alberta | 23 juillet

Le Château Lake Louise est vraiment beau et il est situé sur l'un des plus beaux sites naturels au Canada. Il y a beaucoup de touristes de ce côté. J'ai fait le tour à pied du lac. Victoria Mtn culmine à 3459 mètres et sa fille Louise à ses pieds. En après-midi je retourne au BC à Field, juste à côté, pour aller voir si je peux grimper demain le glacier Iceline dans Yoho Valley. Trop de fumée pour la randonnée mais je vais voir l'une des plus grande chute du BC à plus de 254 mètres, Takakkaw Falls. Le site est somptueux et plusieurs belles randonnées sont proposées. Je retourne en bas et mon pneu éclate alors sur la transcanadienne en roulant à vive allure. Je tente de réparer la première crevaison de Béa. Le problème c'est que j'ai pas la bonne clef. Je fais de l'auto-stop et pas grand monde a cette foutue clef. Une heure et demie plus tard je trouve un bon samaritain et je descends au garage à Canmore pour m'acheter un nouveau pneu. C'est pas sur ma route. Je dors dans le stationnement du garage au pied des Threes Sisters Mtns. J'aurai quand même appris de tout ça et le soleil est réapparu soudainement en après-midi et la fumée c'est miraculeusement dissipée.

Lake Louise, Banff National Park, Alberta | 22 juillet

Ce matin je traverse Kootenay National Park au BC pour Banff en Alberta. Je prends un instant pour vous expliquer. Mon premier emploi d'ado à l'extérieur fut au Banff Springs Hôtel, je travaillais au "golf course". Le soir venu on traversait le pont de pierre pour le Cascade Inn à l'époque qui était la brasserie où un verre de bière coûtait 0.25$. Je suis aller me remémorer tout ça avec émotions je dois avouer. L'établissement n'existe plus depuis longtemps comme bien autre chose aussi. Cette époque hippie me semble tellement lointaine. Banff, Okanagan, Nelson, Vancouver Island. J'aime revoir ces souvenirs de mon premier road trip à l'extérieur du Québec, les parcours, les modes, les chemins de vie, bref l'histoire. Aujourd'hui je revois mes choix. J'étais jeune et fou, rien n'a changer mais aujourd'hui moins jeune. À Banff je cherchais à discuter avec des gens de cette époque. La mémoire a ses limites. À Banff je venais au monde avec mes rêves de jeune adulte. C'était un lieu culte de ma jeunesse comme Osoyoos dans l'Okanagan Valley. Que sont-ils devenus ? Le vanlife est une belle étape de vie. Je peux prendre du recul et partir en "road trip" en toute liberté afin de poursuivre la passion qui m'habite.

Spillimacheen, Columbia Wetlands, Kootenay, BC | 21 juillet

L'histoire de l'ouest est reliée au train. L'âge d'or dans le monde, le Canada n'y échappera pas en construisant en 1886 par le Canadien Pacifique la traversée du pays d'un océan à l'autre. On construisit alors des châteaux hôtels-relais pour développer ce qui allait devenir les premiers touristes de masse. À Roger Pass on construit le luxueux Glacier House en 1886, démoli en 1926. Ce fut l'ancêtre du Banff Springs Hôtel et du Château Lake Louise. C'était très luxueux et il y avait des guides de montagnes européens. Aujourd'hui il ne reste que les fondations et les souvenirs. Les photos  existantes ont été développées dans la cave à vin de l'hôtel qui servait de chambre noire. J'ai grimpé une dizaine de kilomètres sur 600 mètres de dénivelé au glacier Illecillewaet. Sur les images d'époque le Grand Glacier s'approchait davantage de l'hôtel, preuve qu'ils fondent rapidement. Le ciel était bleu à mon arrivée, une heure plus tard tout est bouché par la fumée. L'état d'urgence vient d'être décréter au Manitoba et en Colombie Britannique.

Roger Pass, Glacier National Park, Kootenay, BC | 20 juillet

Au réveil davantage de fumée qu'à l'habitude, je suis parti me baigner à Slocan Lake puis direction du traversier au Lower Arrow Lake. À Revelstoke la fumée est opaque, les yeux piques, ça devient toxique et je n'ai autre choix de me diriger sur les hauteurs de Roger Pass à l'Est espérant que la fumée ne me suivent. Aujourd'hui c'est devenu intolérable. Devant moi des glaciers immenses. La région des Kootenay est une belle et grande région de la Colombie Britannique. Plusieurs chaînes de montagnes cohabitent les Kootenay; les Selkirks, les Rockies, les Purcell, etc... Kootenay est délimitée au nord par la transcanadienne, au sud par les USA, à l'est l'Alberta et à l'ouest Okanagan Valley. Tous ont déjà entendu parler des parcs de Banff et Jasper, les plus anciens du Canada. Ils se retrouvent en Alberta. Les grands parcs des Rockies au BC sont Kootenay, Yoho, Glacier, Assiniboine, etc...il y a beaucoup de parcs provinciaux au BC. L'ouest canadien et américain connaissent des périodes intenses de sécheresse et les températures sont plus élevées. La plupart des incendies sont causés par l'homme et par les changements climatiques qui sont aussi causé par l'homme, on a un problème. Ça ne prend vraiment pas grand chose pour que le feu naisse dans ces forêts de pins. Il ne pleut pas depuis un mois ou plus, les glaciers fondent. On mettait de la neige des glaciers sous nos casquettes et dans le chandail, cette neige était plus efficace que deux cafés.

Nelson, West Kootenay, BC |19 juillet

Ce matin j'étais prêt pour affronter le glacier Kokanee à plus de 2800 mètres d'altitude et 1325 mètres de dénivelé et  en vingt kilomètres de randonnée durant neuf heures. Ce matin j'ai fait la connaissance de Gérard un franco-italien. 52 ans et fort comme un cheval. On discute hiking et trente minutes plus tard on partait pour ce qui a été l'une de mes plus difficile randonnée de ma carrière. À mi-chemin je vois le panneau "end of trail" et ça devient que de grosses roches instables et abrupts, j'aprecois au loin le "keyhole" ce qui veux dire la passe ultime pour atteindre le glacier Kokanee. Esmeralda Pk, Battlefield, Pyramids Pk, Cond Pk et Giants Kneecap, tous des majestueux "peaks" tout autour. On a marcher longuement sur le glacier immense, il y a des crevasses, je m'enfonce à la taille dans l'une d'elles mais trop étroite pour m'enfoncer davantage, c'est très profond, plus loin encore. On marche sur des crêtes de neige d'un pied de large. Les feux de forêts avancent de plus en plus. Le ciel est apocalyptique et je vois les feux dans l'autre vallée. Cette randonnée fut très périlleuse et éreintante, ce n'est pas recommandé à moins de vouloir de grosses émotions. Pour moi le spectacle en valait la peine et le défi de pousser mes limites. Les prochaines journées seront plus calmes.

Kokanee Glacier Provincial Park, Kootenay, BC | 18 juillet

Au réveil j'étais submerger de beautés tout autour, la moitié du lac fait parti de Valhalla Provincial Park. Slocan Valley est de toute beauté et des endroits pour se baigner partout dans une eau pure et limpide. Je dois décider entre un trek entre les parcs Kokanee ou Valhalla. Mon expérience de guide est mise à rude épreuve car les "Rockies" ne sont pas les montagnes de Chaudière Appalaches. Kokanee sera mon choix car la fumée des feux est à Valhalla, on y vois plus rien et c'est à côté. Il y a davantage de randonneurs alors moins inquiétant pour les grizzlys. Kokanee Glacier est près de Nelson dans West Kootenay des Shelkirks Mtns. Je suis installé dans le stationnement à 1500 mètres d'altitude au départ du sentier. Je serai prêt tôt demain matin pour les lacs, le glacier ou les deux. Je déciderai en route comme il se doit et je tenterai de grimper avec des randonneurs qui comme moi sont dans le stationnement. Les randonneurs qui laissent leurs autos dans le stationnement plusieurs jours pour dormir en montagnes dans les "shelters" doivent installer des grillages autour des roues pour éviter que certains animaux et rongeurs entrent dessous. Le chemin de terre est assez coriace sur vingt kilomètres en montant, je suis content de ma van, elle fait du bon boulot jusqu'à présent.

Valhalla Provincial Park. Slocan Valley Lake, West Kootenay, BC|17 juillet

Je me sentais nostalgique aujourd'hui de quitter la vallée Okanagan, ses déserts, ses fruits, son côté western, la gentillesse des gens, sa plage, son ambiance. Je me suis baigné une dernière fois à Osoyoos et j'ai achetés cerises, pruneaux et pêches en tentant de me dire qu'il me faut regarder en avant. Ce soir j'ai une belle vue, je campe sur le bord de Slocan Lake dans West Kootenay. Au loin en roulant je voyais les gros nuages de fumée, assez troublant quand même le réchauffement climatique, je dois me faufiler à travers des feux de forêts depuis des semaines. De grosses truites arc-en-ciel me souhaitent la bienvenue. Il ne pleut jamais, on annonce une seconde canicule. C'est quand même assez spectaculaire la Colombie Britannique. Je suis content de pouvoir faire ce road trip.

Ashnola River, Cathedral Provincial Park, Keremeos, Similkameen Valley, BC |15-16 juillet

Pour se rendre à Cathedral Lakes Provincial Park on longe la rivière sur 22 km jusqu'au "base camp". À cet endroit il y a un pont avec une clôture verrouillée. Je vois un type qui travaille au Cathedral Lodge, il dit que le chemin est privé du pont au lodge et qu'il en coûte 150$ en navette pour faire les 19 kilomètres en 4 x 4. De là des sommets majestueux et des glaciers à plus de 2800 mètres. Trop cher pour mes moyens et je me reprendrai plus tard ailleurs. Dommage il y avait un écosystème unique au Canada dans ce parc frontalier. Je campe le long de la rivière Ashnola plus bas pour deux nuits. L'eau est d'une limpidité incroyable qui provient des glaciers. J'ai acheté du propane et de la bouffe. La prochaine grande étape sera East Kootenay. Stay tune !

Kobau Mtn Provincial Park, Cawston, South Okanagan Grasslands, Similkameen Valley, BC | 14 juillet

Chopaka Trail au sommet de Kobau Mtn, une pure merveille. J'y aurai passé trois nuits. Depuis mon départ, c'est l'endroit le plus zen et tranquille que j'ai dormi. Fort probable les hauteurs donnent cette impression de recul de tout ce brouhaha tout en bas. J'ai essayé de prendre une photo du lac Okanagan en haut mais la fumée des feux devient de plus en plus dense. Je vois des dizaines de feux de forêts s'approcher, on s'habitue à l'odeur. Devant moi en haut j'aperçois le Snowy Mtn plus haut qu'ici. Je vais étudier ça mais je ne pourrai aller de ce côté seul. Ce soir je cuisine des couscous aux légumes. La faune et la flore sont assez abondantes au sommet, tantôt des oiseaux mouches, des cactus et des oiseaux de proie rôdent sans cesse. Je ne m'ennuie pas de Québec, je revois la ville souvent en images. De plus en plus le rythme des villes ne me convient plus. Je manque le spectacle lorsque trop absent de la nature. Et les grands choix de vie sont difficiles, les habitats, les milieux de vie anesthésiants, humiliants, fatiguants. Le BC est une excellente école de la nature, c'est vaste, stimulant mais confrontant.

Kobau Mtn Provincial Park, South Okanagan Grassland, Cawston, Similkameen Valley, BC | 13 juillet

Ayant dormi dans le parc Kobau, j'étais tôt ce matin pour grimper les 1873 mètres sur le chemin de terre du sommet avec Béa, ma van. Le chemin est bien entretenu vers le sommet dont arpentent un dizaine de kilomètres de sentiers. Après un bon déjeuner j'ai suivi le panneau indiquant Topaka Trail. D'ici je vois les "peaks" enneigés de l'état de Washington. De ce côté c'est le Cascades Range National Park. Je vais passer quelques jours ici à somnoler dans ce silence et cette fraîcheur. Une anecdote; quand je marche dans les "grassland" et que j'aperçois un grand pin, je m'y dirige pour capter son ombre. Je ne suis pas le seul car les troupeaux de vaches noires raffolent de ces endroits. Tellement de merde que je sais pas où m'asseoir. Parfois je tasse la van pour me mettre en arrière d'un pin. Quand je sors de la van je dois faire attention de mettre les pieds dedans. Il y a fort probable 15 degrés de différence entre Osoyoos et le mont Kobau et surtout de bons vents, des fleurs sauvages et les prairies remplies de jolis papillons. Les curieuses abeilles butinant les fleurs des montagnes viennent voir ma van. Elles sont essentielles dans cet environnement hostile. J'ai vu des crottes d'ours noir dans le sentier, ça m'a pas déranger outre mesure mais je demeure vigilant. À un moment donner on a pas le choix de cohabiter.

Kobau Mtn Provincial Park, South Okanagan Grassland, Cawston, Similkameen Valley, BC | 12 juillet

Petite randonnée hors piste dans la vallée entre Keremeos et Penticton. J'ai grimpé une montagne désertique sur 500 mètres de dénivelé. J'étais sur un terrain privé car des chevaux me suivaient. On est content de voir un pin de temps en temps pour partager son ombre savoureuse. C'est ça le désert un peu d'ombre suffit. Au retour la piscine municipale est ouverte quelques heures cet après-midi à Keremeos. Après ce repos mérité je suis en route pour trouver un beau spot où pouvoir marcher sans rouler le matin car c'est trop chaud après 11h00. J'ai trouvé un endroit qui m'attire, Kobau Mtn Provincial Park au South Okanagan Grassland. Je suis revenu dans cette région, il a beaucoup de curiosités partout.

Olalla, Similkameen Valley, BC | 11 juillet

Il commence à avoir du monde sur les routes. Des campeurs, roulottes et des vans de toutes les grosseurs. Il n'y a pas meilleur moyen de visiter le BC et l'ouest américain. J'ai repris la vallée Similkameen par laquelle j'ai débutée à Okanagan. Je suis à Olalla sur la route de Keremeos à Penticton. Tous les jours il fait 35-38 degrés dans la région de South Okanagan. Je passe la nuit sur le bord d'un étang, il y a beaucoup de mouvements d'animaux et d'oiseaux ici. Faut que je fasse attention aux serpents à cet endroit. Les tiques aussi c'est fréquent d'en avoir. On regarde le soir et on les enlèvent le plus vite. C'est pas toutes les tiques qui donnent la maladie de Lyme. Vous seriez étonné d'apprendre que le désert est tellement débordant de vie. J'ai franchement un penchant pour les régions semi désertiques.

Otter Lake Provincial Park, Tulameen, South Okanagan, Cascade Mountains, BC | 9-10 juillet

Petite journée de course et ensuite direction Princeton. Je bifurque vers les montagnes à Princeton. La route est belle et traverse plusieurs lacs turquoises. L'eau est chaude, je me baigne dans un de ceux-ci, quel bonheur. Peu de monde dans cet environnement entre forêt et désert. Je suis dans la région de South Okanagan dans les Cascade Mountains et me dirige à Tulameen. Une route de montagnes avec des avalanches l'hiver, des panneaux et des barrières l'indiquent. Que du tourisme local ici et une communauté de jeunes familles aisées. J'aime découvrir les chemins de travers et peu fréquentés tout comme Serge Bouchard. Je suis installé sur la plage d'Otter Lake Provincial Park pour deux nuits gratuitement. Depuis mon départ de Québec à la fin mai j'ai débourser à ce jour que 5$ pour une nuit de camping à Oliver. Je fait du boondoking gratuitement dans des endroits plus que très bien la plupart du temps. Des images supplémentaires du trek à Flatiron Mtn ont été ajoutées à la galerie, elles sont superbes. Cette occasion ne se répétera pas tous les jours. La plus haute montagne du BC est le mont Robson à près de 4000 mètres, j'aurai grimper Flatiron Mtn à plus de 2000 mètres. Mon objectif des prochains jours est la région de South Okanagan et tenté d'avoir des nouvelles des frontières américaines.  Cerises juteuses, pêches ou pruneaux? Quel est le fruit du jour dans les "stand fruit" ?
www.flickr.com/photos/vert_laventure

Juliet Creek, BC | 8 juillet

Aujourd'hui je viens de faire l'une de mes plus belles randonnées au Canada. Les montagnes Needles et Flatiron à Coquihalla Pass. Sur quinze kilomètres aller retour on a grimpé 900 mètres. Des paysages à capoter, j'aurai jamais pensé voir ça. Du hauts des sommets à plus de 2000 mètres on voit des montagnes enneigées partout autour, le pays des montagnes innombrables. On voit vraiment pas les mêmes choses en haut que sur la route. Le véritable BC est ici sur les cimes lorsqu'elles sont accessibles. Les choix ne sont pas faciles à faire, faut pas se tromper et on a pas trop le droit aux erreurs ici. Les départs des sentiers sont pas faciles à trouver,  ça prend de la patience. Au retour les orages électriques, la grosse pluie, je suis bien dans la van, la bain est pris dans la rivière. Merci à Clinton mon ami qui sans toi j'aurais manqué quelque chose tout en haut du BC.

Juliet Creek, Coldwater Provincial Park, BC | 7 juillet 

J'ai appelé Clinton, il a changer de camping plus près des sommets de Coquihalla et j'ai été le rejoindre. Le site gratuit est sur Juliet Creek dans Coldwater Provincial Park. On est sur le bord de la rivière et on a mangé des pâtes. Je rencontre des tas de gens sur la route qui trouve le coût de la vie trop élevé au pays et qui ne pourrons plus suivre le rythme. Aujourd'hui c'est relaxe car c'est nuageux et trop froid aux sommets. J'ai marcher six kilomètres à Falls Lake, un lac de tête avec de la neige autour. J'ai planifié deux belles randonnées en boucle de 1000 mètres de dénivelé sur des sommets approchants les 2100 mètres pour les prochains jours. Ensemble Clinton et moi on se complète pour faire du  vrai hiking au BC, chose impensable seul aux sommets des  "Rockies". Pas très loin un jeune homme c'est perdu et décédé en forêt dans le parc Manning à l'automne dernier. Un "bear spray" est obligatoire pour le hiking. C'est plate mais c'est ça le BC. Il y a beaucoup de sites de camping sauvage avec des installations contre les ours. Des poteaux dans lequel on grimpe sa bouffe et accessoires de toilettes sont en disponibles. Il y a des cages remorques à ours. On mets la nourriture dedans, il reste enfermé dans la remorque et on s'en va en camion le porter plus loin.

Lower Nicola, Coquihalla Pass, BC |5-6 juillet

La route 8 contourne les feux de forêt vers Merritt, je m'arrête à un magnifique camping gratuit. Un bon vent, pas de fumée et presque personne. Je me lave dans la rivière glaciale, c'est le désert et je retrouve mes odeurs préférés de pins et de sauges sauvages. Je fais connaissance avec Clinton mon voisin. Il a un beau camion blanc et une grosse roulotte. Il me demande si je suis marcheur. Ça y est je me dis c'est celui que je recherche. Il est seul, habite Penticton et est passionné de plein air. Il connaît plein d'endroits sauvages et possède l'équipement nécessaire pour faire de la randonnée au BC. On discute longuement avec les cartes. Il est très organisé et on conclut qu'il me réveille à 5h00 pour se suivre à 80 km d'ici pour ensuite laisser ma van dans une halte routière à Coquihalla Pass. Ensuite on continue avec son camion car ma van ne peut aller dans les "log road". Il possède un radio pour communiquer avec les "trucker" de pitounes. Alors c'est parti pour un chemin de terre difficile à pied alors qu'on grimpe en pick up. Près d'un marécage on gare le camion pour poursuivre à pied. Un fusil à pompe avec des balles à profusion, deux "bear spay" un pour moi, deux couteaux de chasse, un liquide à mettre sur nos vêtements pour éliminer nos odeurs, des clochettes et le comble; de la musique branchée sur un téléphone satellite qui émane la meilleure musique country et folk du BC au fond la caisse. Vous aurez compris que toutes ces précautions sont pour se protéger des ours, des bruns, des noirs et surtout des grizzlys, le roi de la montagne. Le site est extrêmement sauvage et remplis de maringouins géants et voraces. On arrive sur l"alpine meadows" et j'apercois enfin de près les "Rockies" car de la route on vois pas grand chose. À ce moment je dit à Clinton qu'elle était la bestiole devant nous, il a dit "fuck" faut qu'on dégage. Un grizzly était venu nous souhaiter la bienvenue. Quand Clinton m'a dit la vitesse à laquelle coure un grizzly il n'y avait pas d'autres options que de descendre rapidement. Après le pique-nique mon ami Clinton prend une autre direction en pleine forêt. Deux km / heure est la vitesse dans cette direction d'un second sommet en camion. On reviens bredouille et je retrouve Béa plus loin en remerciant non ami de cette aventure inoubliable. Il y a plusieurs éléments qui rend les randonnées difficiles au BC. Ça prend souvent un 4 x 4 pour accéder aux sentiers, des précautions importantes pour les ours. Un GPS et des cartes sont obligatoires sauf pour les sentiers faciles pour la horde de touristes durant l'été. Je m'installe au départ du sentier pour demain à Falls Lake de Coquihalla Pass.

Cache Creek, BC | 4 juillet

Au réveil je comptemple tous les "peaks" autour de moi. La fumée s'épaissit plus tard et sur la route en van j'aperçois une vingtaine de braisiers naissants de l'autre côté du "creek". Des avions, hélicoptères, des camions de pompiers et patrouilles sont prêt à toutes éventualités. L'air est toxique. J'arrive à Cache Creek pour un spot sur les montagnes semi désertiques encore une fois. La température est assez élevée mais je n'ai plus ces barrières de fumée et l'odeur étouffante. Un village Pemberton a été évacué car la canicule fait fondre la neige et la glace au sommet des montagnes laissant lieu à d'importantes inondations. Les rivières sont très hautes partout. Des orages électriques sont à prévoir dans la région et je poursuis mon road trip en toute liberté.

Joffre Lakes Provincial Park, BC | 3 juillet

Ce matin je suis en route vers Whistler en tentant de gravir de hauts sommets. Le téléphérique est 90$ et je décide de poursuivre ma route, trop cher, trop de monde. Je poursuis mon chemin vers un col où je passe la nuit à Joffre Lakes Provincial Park. Je fais une petite randonnée et je vois devant moi d'immenses glaciers. Je poursuis et m'arrête près d'une rivière me rafraîchir. Ça commence à ce moment à sentir la fumée et le ciel de s'asombrir à cause des nombreux feux de forêts importants. L'un d'eux a raser la ville de Lytton. Il n'y pas beaucoup de possibilités de faire des randonnées à mon niveau. Souvent trop facile et plein de touristes ou sinon pour expert avec un "bear spay" obligatoire. Il n'est pas recommandé de partir seul en montagne dans ces régions où l'ours est roi dans oublier les grandes chaleurs qui semblent perdurer.

Squamish, Sunshine Coast, BC | 2 juillet

Après Victoria, Vancouver, Tofino, les traversiers et la canicule je suis en route vers des régions plus calmes. Ce matin j'ai pris le traversier de Victoria à Vancouver en passant à travers de nombreuses îles. C'est magnifique cette traversée le long des USA. Je suis à Squamish sur la Sunshine Coast. Je retrouve le temps sec et les montagnes enneigées tout autour qui présument des altitudes à plus de 2500 mètres.

Victoria, Vancouver Island, BC |1er juillet

Journée de vélo sur Victoria et les environs avec un délirant beau 65 km. C'est tout simplement merveilleux. Cette ville est de loin ma préférée au Canada. Les gens sont très actifs; vélo, marche, kayak. On dirait que les gens vivent dehors. C'est très différent du Québec car il n'y a pas de neige. C'est une ville à caractère européenne et les maisons exhibent de grandes fenestrations. Des jardins anglais, des aménagements splendides tout est différent et plusieurs nomades habitent dans leur van. Le climat est maritime et méditerranéen. Il y a des parcs urbains et les gens adorent les chiens. Des bambis gambochent sur les terrains résidentiels, les ratons laveur aussi. Victoria est une vieille ville qui avec San Francisco sur la côte ouest exerce un pouvoir d'attraction. Je suis sensible à la beauté, à l'harmonie, ici tout est source d'inspiration. Les gens ont l'air en forme. De la ville on aperçoit le mont Olympus à 2450 mètres dans l'état de Washington situé dans la péninsule olympique. Si vous comptez partir un jour je vous suggère Victoria, la reine du pays. C'est un monde et une ville avec un caractère très distinct.


Victoria, Vancouver Island, BC |29-30 juin

Un mois depuis mon départ et je vais célébrer la fête du Canada à Victoria. Selon moi, c'est la plus belle ville du pays par sa dimension humaine, son environnement exceptionnel entouré par l'océan, son climat; pas de neige ni de gel en hiver, son absence d'industries lourdes et polluantes, sa localisation à quelques kilomètres des USA dans l'état de Washington. Les gens démontrent une certaine fierté d'avoir ce privilège qui n'est pas donné à tous de vivre à Victoria, la capitale de la Colombie Britannique. On le ressens rapidement cette fierté. La fraîcheur côtière habituelle est revenue après cette édifiante canicule qui a fracassé soixante dix records de chaleur. C'est à Victoria que se termine la transcanadienne vers l'ouest jusqu'à l'océan Pacifique. Question boondoking la ville est pas tendre pour les nomad van. Je me suis référer cette fois à IOverlander qui m'aide pour les plus grandes agglomérations. Ici on m'indique une rue résidentielle et des panneaux qui disent: parking for residents only. Je fais comme dit l'application, de ne pas m'en soucier. Quelques petits campeurs ont compris comme moi le truc de Superior Street où je me range. Je peux partir à pied au parlement, à la marina, au parc Beacon Hill et au centre ville qui est magnifique. La culture west coast est omniprésente, ça me plaît beaucoup. Je trouve que cette ville a beaucoup de maturité, de bon goût, de sérénité. Quelque chose se dégage ici d'indescriptif. Ça inspire, ça respire. Les gens vivent dans une bulle et je suis un peu beaucoup jaloux.

Kennedy Lake, Vancouver Island, BC | 27-28 juin

J'ai marché deux heures sur le Wild Pacific Trail à Ucluelet. Il fait une canicule extrême en ce moment, je vais au Kennedy Lake m'y rafraîchir. Il y a sur la côte ouest de l'île une forêt humide avec une végétation unique au pays. Il y a en autre une espèce de cèdre pleureur qui descends ses longues branches ombragées sur la plage. L'endroit idéal pour étendre sa serviette. Meilleur spot de la journée et l'eau du lac est relativement chaude. J'y reviens demain car la chaleur extrême est prévue. Les spots de camping en boondoking à Tofino et Ucluelet sont pas évident à trouver et la ville est plâtrée d'affiches d'interdictions. Bel endroit certes mais l'époque des hippies est bien terminée et la valeur des propriétés exaustives rends les gens frileux. La liberté ici s'achète à grands prix mais quelle liberté ? Certes je suis critique à mes heures mais je suis assez mobile en vanlife que quand ça fait pas à gauche et bien je vais à droite. Parfois c'est pas aussi simple me direz-vous !

Tofino, Vancouver Island, BC | 25-26 juin

L'île de Vancouver fait 460 km en longueur. Il neige pas l'hiver avec 5 degrés en moyenne. Beaucoup de pluie par contre. J'ai dormi à Nanaimo hier soir et ce matin je me suis rendu à ma route la plus à l'ouest jusqu'à Tofino sur Vancouver Island. Avant on traverse Ucluelet un petit village sur le Pacifique, le National Park Pacific Rim et Long Beach. De vraiment belles et longues plages dorées devant l'immensité du Pacifique. Beaucoup de jeunes surfeurs surtout à Florenca Bay. Jamais je n'ai vu autant d'affiches d'interdictions de parking et de "no camping". J'ai marcher très tôt le sentier du Tonquin Park à Tofino avec sa forêt humide et ses trois plages. Court sentier que vous vous souviendrez. On a pas envie d'y repartir. À marée basse des étoiles de mer et mollusques divers. Les canicules ont débutées dans la province. Des écarts de température considérable d'un endroit à l'autre depuis quelques temps. À Victoria, la capitale de la Colombie Britannique, demain il fera 41 degrés et 45 degrés avec humidex. Pas vu souvent ça. Je crois que je vais rester à l'ombre sur les plages de Tofino car beaucoup plus frais ici. Je me console car à Osoyoos les prochains jours le mercure approchera les 50 degrés. Warmest city in Canada they said. Le BC devint une colonie britannique en 1858, sous le nom de British Columbia en référence au fleuve Columbia qui traverse la province.

Nanaimo, Vancouver Island, BC | 24 juin

La route panoramique numéro 3 entre Osoyoos et Princeton dans la Similkameen Valley qui longe la frontière américaine est une pure merveille. Ensuite le désert se recouvrent de forêts. J'ai filé à Vancouver en ayant fait l'épicerie et mon lavage à Hope dans la vallée du Fraser. C'est un fleuve et une fois à l'océan il devient un immense delta. J'ai visité Stanley Park, Chinatown et Gastown. Vancouver est une grande ville. L'une des trois meilleures au monde pour sa qualité de vie. Dommage j'aime mieux les petites places et la nature habitant moi-même une grande ville, paradoxal ! Au moment d'écrire j'attends le traversier pour Vancouver Island. Pas de réservation nécessaire sauf qu'un problème de grosse congestion a perturbée les horaires. Le tarif aller simple est 77$. Je suis déjà au lit dans la van pour la traversée de deux heures à la noirceur. Il fait une canicule au BC en ce moment. À Vancouver le prix moyen d'une maison est 1.7 (millions). De Vancouver on voit les sommets enneigés et une grande plage est situé dans le centre ville. On dirait un petit Manhattan en voyant les grattes ciels compacts sur le bord du Pacifique C'est aussi une grande cité portuaire. Je suis couché dans la van et ça se promène pas mal, pas terrible avec les cerises.

Pickard Creek, Hedley, Similkameen Valley, BC | 23 juin

Ce matin je décide de prendre une journée de congé bien mérité. Je suis sur le bord de la Similkameen River et il n'y a presque pas de campeurs. Je suis à l'ombre je fait du yoga et je lis. C'est très beau ce site et la province. Les applications que j'ai sont : IOverlander, Maps.me hors connexion et All Trails, les meilleurs à mon humble avis. Un autre bon application est Free Roam mais moins performant dans certaines zones. Un GPS et une certaine expérience sont requis aux randonneurs plus aguerris.  Vancouver est à trois heures. Le sujet chaud ici c'est le prix de la vie surtout des maisons. À l'ombre le bonheur est total. Que faire d'autres à part contempler le meilleur que la vie nous offre. Ça fait du bien cette pause et il me reste des cerises.

Pickard Creek, Hedley, Similkameen Valley, BC |22 juin

Ça fait plusieurs randonnées que je fais sur plusieurs journées. Ce matin j'ai grimpé Keremeos Colomns. Un dénivelé à 600 mètres sur 15 km aller retour. Superbe vue sur la ville de Keremeos (1000 habitants), le désert et Similkameen Valley. Des dizaines de pistes vers les grassland des cimes et j'aperçoit les neiges sur les hauts sommets. C'est grandiose et tellement calme. Je ne vois jamais personne marcher et aucune signalisation encore une fois. Je m'habitue et je me mets sur le pilote automatique. En descendant je me dirige directement à la piscine municipale. L'après-midi c'est très chaud et pour les prochaines journées le mercure grimpera à 40 degrés. Après une bonne sieste sous les arbres je roule vers Cathédral Lakes. Ici c'est vraiment la nature sauvage à son top. Depuis Osoyoos ce sont les plus beaux paysages à ce jour depuis le départ. Plus loin la rivière Ashnola descends des Cascades Mtns. Je m'installe dans un "recreation site" sur la rivière Similkameen, le Pickard Creek campground. Les "recreation site" sont les meilleurs sites gratuites sur les terres publiques du pays surtout dans l'ouest. Aux USA l'équivalent sont les BLM.

Keremeos, Similkameen Valley, BC | 21 juin

J'ai campé à côté de la frontière américaine sur Nighthawk Road de Chopaka à Similkameen Valley. Tout est beau partout où je regarde et l'été vient d'arriver. Je débute l'ascension du mont Barber. Pas très haut mais 625 mètres de dénivelé à 7h00 du matin. J'ai pas le choix, l'après-midi je reste sous les arbres, il fait trop chaud. Je suis juste en face des "peaks" du Cascades Range de l'état du Washington. Sommets à plus de 2500 mètres, c'est dans cette chaîne de montagne qu'on retrouve plusieurs volcans qui sont les derniers remparts avant l'océan Pacifique. On ne peux imaginer mieux comme road trip au Canada et surtout que Keremeos est la capitale des fruit stand au pays.

Chopaka, Similkameen Valley, BC | 20 juin

Avec la chaleur en après midi je fais les randonnées très tôt. Aujourd'hui j'ai grimpé 600 mètres de dénivelé sur Strawberry Creek Road à Osoyoos. J'ai marché tout le temps en forêt à l'ombre sur une quinzaine de kilomètres. Faut vraiment savoir où ils sont ces sentiers, il n'y a aucune indications et un GPS est requis. En ville on voit partout "no national park" sur les poteaux, c'est pour tout dire. La baignade au lac est pas mauvaise. Pour que je passe huits nuits à Osoyoos c'est parce c'est la place à être en ce moment et que j'ai un sérieux coup de coeur pour cette ville.

Osoyoos, South Okanagan Valley, BC |19 juin

Yoga ce matin tôt sur la marina de Summerland. C'est ma seconde place préférée après Osoyoos dans Okanagan Valley. Il y a vraiment un micro climat ici. J'ai fait un tour à Kelowna et je n'ai pas aimé, trop grand, trop de circulation tout comme Penticton. J'ai été cueillir des cerises aujourd'hui. J'ai vu un camp d'une cinquantaine de jeunes cueilleurs dans les cerisiers, c'était magnifique de voir ça. La population d'Osoyoos est 5000 personnes mais plus dans la saison touristique qui rime avec plage. Les grandes chaleurs de 35-38 degrés s'en viennent. Je ferai les randonnées le matin très tôt, plusieurs belles sont à venir.

Summerland, Okanagan Lake, BC | 18 juin

Petite baignade tôt dans le lac. J'ai mon rendez-vous à Penticton dans la journée pour un changement d'huile et petite vérification des freins. Je suis sorti avec une facture plus élevée que je pensais mais il restait des sous pour acheter du jus pur de cerises. Les biscuits aux fruits séchés sont pas mal aussi. Je passe la nuit en boondoking, comme toujours, cette fois-ci à Summerland sur Okanagan Lake. C'est très beau les montagnes, l'environnement. Et ils m'ont gracieusement offert le lavage de van and have a nice day !

Strawberry Creek, Osoyoos, South Okanagan Valley, BC | 17 juin

Au départ à pied du Strawberry Creek free camp d'Osoyoos je suis parti tôt marcher une vingtaine de kilomètres dans le désert. C'est fort probable ma plus belle randonnée au Canada que je viens d'effectuer. Petite anecdote qui m'est arrivé. J'ai fait du hors piste sur une partie de l'ascension d'une montagne à la frontière américaine, l'état voisin est Washington. Le dénivelé est 500 mètres et je filais vers une tour aperçu au sommet d'une montagne lorsque tout à coup une clôture m'en n'empêchait. Plus loin je vis la borne des USA. Si je ne l'avais pas vu, je continuais à la tour. Il fait très chaud l'après-midi mais un grand pin suffit pour se rafraîchir dans le désert. Je ne croyais jamais voir ce genre de paysage grandiose et ce climat sec et aride tel qu'on le retrouve en Arizona. Le vanlife en Okanagan et Silmikhaneen Valley me permets de vivre intensément un super road trip. Chaque journée me remplie de lumière et d'espace.

Oliver, South Okanagan Valley, BC | 15-16 juin

Exploration des environs d'Osoyoos en van, il pleut beaucoup avec des orages. On sens l'effervescence partout, les jeunes cherchent du boulot. Je viens d'atterrir dans mon premier vrai campground à Oliver, le Loose Bay pour 5$ la nuit. Tous des francophones pour la plupart. C'est mon premier gros rassemblement du genre depuis que je voyage avec Béa ma van. J'ai l'impression d'être à Woodstock. La règle est installe toi où tu veux, les fêtards d'un bord et les quelques autres. Des "scholies", des campeurs d'une autre époque qui ont accueillis des générations de "vandwellers" de "pickers" vivent ici une étape de vie importante. C'est mon baptême de vanlife dans un lieu semblable. Les odeurs de cannabis émane en ce lieu étrange comme la vie. En fait c'est la porte d'entrée pour les cueilleurs dans la vallée. Parfois le propriétaire du camping reçoit des offres d'employeurs.


Osoyoos, South Okanagan Valley, BC | 12-13-14 juin

Pas envie de partir d'ici. C'est complètement nouveau de me retrouver au Canada avec un environnement semblable en vanlife. Des fois je réalise pas la chance que j'ai. Les gens sont courtois, calmes, tolérants et réservés. Nous sommes à quatre heures de route de Vancouver. C'est le cadre idéal ici pour la retraite et de ce fait la moyenne d'âge est plus élevée dans la vallée non pas parce que je m'y trouve mais à cause du climat et de la qualité de vie du désert. L'énergie et la culture west coast se dégage ici dans la vallée. Le problème sur la côte ouest du BC est le coût de l'immobilier. Je rencontre plusieurs jeunes francophones pour qui la ruée vers l'ouest a porter fruit (beau lapsus) et qui ne sont pas retourner au Québec, je les comprends. Lorsque j'avais cet âge j'ai traversé les frontières américaines ici même en auto-stop jusqu'en Californie. En attendant aujourd'hui je vais à la plage, discute, réfléchi, fais les courses, les cafés.


Je suis parti en cyclotourisme aujourd'hui d'Osoyoos vers Oliver. 60 km dans la vallée à travers les routes de cerises prêtes à être cueillies et surtout à déguster. Les cerises sont les premiers fruits à sortir. C'est mon meilleur spot depuis le départ. Il y a de belles plages tout autour c'est plein de montagnes à gravir. C'est vraiment une région hors du commun et fort probable la destination la plus inusitée du pays. En soirée de violents orages, la van se promène toute seule. Okanagan Valley possède le meilleur climat du pays à part ce soir.


La vallée d'Okanagan fait 250 km de long et 20 km de large. Son rivage est parsemé de vergers aux fruits multiples et des vignobles qui produisent les meilleurs vins du Canada. Chaque année des jeunes cueilleurs du pays travaillent dans la vallée. Je dors au Strawberry Creek "free camp" avec une vue plongeante sur la ville et le lac.

Prunes, cerises, mandarines, pêches, poires, raisins, abricots et autres poussent dans la vallée d'Okanagan. "It's warmest city in Canada". C'est autour d'Osoyoos que se retrouve la plus grande biodiversité du pays. La ville est très belle, très design avec de nombreuses plages, tous les services et la possibilité de faire vélo et randonnée dans le désert. Les vergers multiples et les meilleurs vignobles du pays sont reliés au climat sec et ensoleillé. C'est un endroit magique et les maisons sont vraiment belles. Cet endroit me plaît. La ville est sur la frontière américaine de l'état Washington. Oliver la ville voisine est la capitale du vin au Canada.


Keetle River Valley, BC | 11 juin

Une bonne douche chaude et gratuite au parc provincial Kettle River. L'endroit est magnifique et plus loin dans la vallée je dors dans un campement de jeunes planteurs d'arbres. Je trouve un sentier et je fais dix km en parti hors piste sur 600 mètres de dénivelé. Mon GPS m'a ramené tout en bas. Beau défi ! Cette vallée et les montagnes environnantes sont tout simplement magique. Le paysage est parsemé de broussailles et de grands pins rouges. En soirée pleins de chevreuils autour de la van.


Christina Lake, BC | 10 juin

J'ai bien hâte de prendre la route ce matin pour Neilson. C'est une ancienne ville de prospecteur, de mineurs qui a connu un boum économique. Elle est devenu hippie dans les années 70 et conserve ses affluves et couleurs d'antan. Je marche dans ses rues à pente assez raide. Les gens se saluent et l'ambiance est trop cool ! Après le petit déjeuner je prends la route qui descends beaucoup. Je campe à Christina Lake, petite villégiature avec une baie de sable de 6 km. Je m'y baigne et retrouve davantage de soleil.


Kootenay Lake, BC | 9 juin

Grosse pluie ce matin, j'arrive à Creston sur les rives du grand lac Kootenay. Au village je vais à l'hôpital afin de recevoir ma 2ème dose de vaccin. Quatre heures plus tard c'est avec le carnet de vaccination que je repars. Youpi ! C'est à Creston en arrivant de l'est qu'on aperçois les premiers fruits stand....vide pour le moment car ça débute en juillet. Récolte plus hâtive le printemps est frais. L'ambiance au BC est très décontractée, davantage que partout ailleurs au Canada. L'architecture, les commerces, la propreté, la politesse des gens m'interpelle. De ce fait je ralenti beaucoup et je suis dû pour une pause prolongée à un endroit très particulier. Ce soir je dors sur le bord du lac Kootenay, c'est absolument dépaysant. Là je sens que je vais m'amuser.


Yack, BC | 8 juin

C'est assez froid depuis quelques jours. J'ai passé le col Crowsnest Pass vers la Colombie Britannique et en descendant presque une journée à la frontière du Montana et de l'Idaho. Je passe la nuit dans un halte routière, les arbres imposants font sentir leurs présences. J'ai rencontré une acadienne qui vendait du jerky frais sur la route.


Twin Butte, Alberta| 7 juin

Perdu entre la prairie et les rockies, je fais du boondoking depuis le départ. J'avais rêver venir ici depuis très longtemps, entre la plaine et la montagne. Le vent cesse toujours en fin d'après-midi. Je fais des coups de tête, d'hasard et de chance. Je recherche les beautés sauvages, ici je suis comblé. Il y a quatre entrées pour traverser au BC par l'Alberta au sud des provinces. Du nord au sud soit par Edmonton, Red Deer, Calgary et Lethbridge. C'est cette dernière que j'ai pris qui pour moi est la plus belle. J'ai fait une pause au parc national Watertown Lakes en Alberta. Le parc devient le Glacier National Park au Montana.


Milk River, Alberta | 6 juin

Je viens de franchir 250 km sur une route secondaire en gravier poussiéreuse. Aucun voiture ne circule, que des bovins. Je suis en Alberta, l'herbe est plus haute et verte. Halte pour la nuit à Milk River. J'y ai pris une douche, trouver un car wash pour Béa et fait l'épicerie. J'ai été chanceux de ne pas avoir manquer d'essence au pays de l'or noir.


Cypress Lake, Saskatchewan| 5 juin

Randonnée pédestre dans un endroit étonnant très tôt pour éviter les grandes chaleurs. Le sentier de la colonie de serpent à sonnettes. À l'accueil on nous prêtent des guêtres pour éviter les morsures. Il ne reste que 10 pourcent de prairies intactes en Amérique, je me trouve chanceux d'y être et ce silence. On aperçoit les fleurs du printemps encore les montagnes. Cet après-midi midi je me dirige vers le parc interprovincial Cypress Hills (Saskatchewan - Alberta). Je prends un long chemin de gravier vers Cypress Lake et retrouve mon premier camping gratuit provincial, version BLM (bureau land managing) des USA. Le lac est immense, je me crois au Nevada !


Lake Alma, Saskatchewan | 3-4 juin

Les grandes prairies, le boeuf de l'ouest, les champs de blé, j'y suis. Le sol est sablonneux, le climat est aride voir très désertique. Avant Brandon je quitte la transcanadienne et je m'enfonce dans l'arrière pays au sud à quelques kilomètres seulement du Dakota du Nord. Dans les prairies une multitude de choix s'offre à moi. J'ai été marcher dans le parc provincial Spruce Woods. À ce moment j'ai senti que le voyage débutait. Cet après-midi j'ai traversé en Saskatchewan. Le paysage est parfois plat et parfois parsemé de petites collines qui me rappelle la Toscane. Je bifurque sur un petit chemin de terre, je m'arrête et m'installe. Ici les mots me manquent. Je voyage avec deux vélos, route et montagne et mon équipement de randonnée incluant un GPS Garmin. J'ai voyagé pas mal sur plusieurs continents, j'ai une certaine expérience et un flair hors du commun. Depuis ce matin j'aperçois les signes de mon passage à l'ouest, les symboles du far west et j'aime ça. Les montagnes à ma gauche sont au Montana. Le paysage est celui du Texas, c'est une belle surprise. Le Parc National des Prairies en anglais Grassland est divisé en deux secteurs: East et West Block. Depuis que j'ai quitté la transcanadienne je croise pas d'autos pendant des heures et ce depuis des jours. Pour l'essence faut être très vigilant ! J'aime le climat sec et chaud, l'ombre du désert, les oiseaux qui l'habitent et les hurlements des coyotes. Plusieurs bestioles sont venu flairer Béa, ma van, cette nuit.


Portage la Prairie, Manitoba| 2 juin

Deux policiers seulement à la frontière du Manitoba. J'ai même pas eu besoin d'arrêter. On y retrouve aussitôt l'autoroute et c'est plat et droit. Ça change pas mal de feeling. Et oui je suis dans les Prairies. C'est très long traversé le nord de l'Ontario. Je passe la nuit à Portage-la-Prairie sur le bord de la rivière Assiniboine. Il fait chaud et l'ambiance est cool. Le lien pour la galerie d'images est en bas du blogue.


Upsala, Ontario | 1er juin

Le climat est rigoureux sur la rive nord du lac Supérieur. J'ai fait une randonnée pédestre magnifique au parc provincial Neys, la plage est sublime et il n'y a personne comme partout sur la route d'ailleurs. Plus loin à Terrace Bay je marche en forêt pour Aguasabon Falls et me rendre à la plage. Cette région est habitée par les communautés autochtones, francophones et anglophones. Je ne me rappellais pas qu'il y avait autant d'autochtones au Canada. Les maringouins ont sortis. Cette côte a vu naître les peintres du groupe des sept jadis. Plusieurs de ces œuvres représentent les plus illustres peintures du Canada. J'aperçois les oies migrées au nord et moi je migre à l'ouest.


Marathon, Ontario|  31 mai

Lorsqu'on fait la traversée du Canada c'est l'Ontario le plus long. J'ai pris une photo de l'oie sauvage à Wawa. Son nom vient des Ojibwe,  autochtones du secteur. Ici c'est le centre du cordon de bitume de 7821 km qui traverse le Canada d'un océan à l'autre. Mon road trip sillonne pour le moment les rives de l'immense lac Supérieur. Banc de brouillard ce soir et tranquille sur les routes. Le périple dans l'ouest est mythique et emblématique. L'oie de Wawa a été dans mon adolescence mon premier symbole de voyage et souvenir puissant sur la route de l'ouest à l'extérieur de la belle province.


Blind River, Ontario | 29 mai

Le parc provincial Algonquin est le plus vieux parc de l'Ontario. Je travaille avec l'application IOverlander pour trouver des endroits gratuits pour la nuit. Présentement à Blind River sur le Lac Huron. Magnifique! Demain matin je serai en route vers le lac Supérieur après mon yoga sur la plage.


Arnprior, Ontario |  29 mai

Ne pouvant obtenir l'information exacte de Québec à propos du passage à la frontière de l'Ontario, j'ai décidé de me rendre à Hawkesbury. Un groupe de policiers au barrage routier me posent une ou deux questions et me laisse filer car je ne fais que traverser la province. Je passe la première nuit à Arnprior. Bondooking sur les terrains d'un centre de retraite spirituel, fermé pour l'occasion, à côté du parc Robert Simpson et de sa jolie plage sur la rivière Outaouais. Ça va bien dormir !


Québec | 29 mai 2021
 
Je quitte aujourd'hui mon cocon stérilisé depuis plus d'un an pour une période indéterminée vers l'ouest du pays. Je voyagerai en autonomie complète avec un mini campeur adapté à mes besoins. Je vous transmettrai les images et récits de mes aventures. Je pars me fondre dans la beauté, la simplicité et l'émerveillement afin de me retrouver et par ricochet le monde !

Durant l'été j'organiserai quelques van meet en Colombie Britannique dans la vallée de l'Okanagan et sur l'île de Vancouver. Consultez le blogue plus tard pour connaître les détails.
 
Sur votre mobile appuyer sur "afficher la version web"
pour une meilleure navigation et accéder aux liens en bas du blogue