Bienvenue sur mon blogue personnel. Ce journal intimiste exprime un désir de dépassement et d'authenticité.
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17 avril |
Qu'on l'admette et qu'on y réfléchisse, il y a un langage populaire qui émerge d'une masse critique de gens dans la société. Loin de dire du mal de ces gens, ils représentent tout de même la plus grande proportion et de loin. Les masses populaires désignent l'ensemble des personnes composant la majorité moins privilégiée d'une société. Ce concept englobe les classes de gens fréquemment exclues du pouvoir décisionnel et possédant un capital culturel ou économique plus faible. Il faut dire les choses vraies. Le langage populaire a beaucoup moins de vocabulaire et de propos nuancés que les gens instruits. Qui dit instruit généralement, veut dire avoir une certaine éducation et un esprit critique. Néanmoins, l'intelligence ne suffit pas, comme il est démontré dans plusieurs études. Or, une étonnante solidarité émane des classes populaires. J'explique ce fait en absence d'autres dimensions sociales et culturelles pour compenser. Je ne vous apprends rien en disant cela. Je dois bien débuter par quelques mots et idées avant de me lancer sur la page blanche de mon journal, même si parfois je me sens légèrement ridicule avec mes opinions et commentaires. Je suis la règle du qui ne risque rien, n'apprend rien. Les grandes œuvres ne sont pas associées à l'éducation utilitaire, comme tente de le démontrer Raphaël Arteau-McNeil. Or, un grand nombre de gens se voient privés d'une source considérable de savoir et de connaissances à force de pateauger dans l'utilitaire. Les cieux ne sont pas pour tous dans ce monde injuste. Afin de compenser un manque d'études spécifiques, si je peux m'exprimer ainsi, plusieurs d'entre eux vont largement compenser par des habiletés techniques et manuelles. Cela a pour effet d'équilibrer les forces, mais malheureusement le prix qu'ils ont à payer n'est toutefois pas équitable. Évidemment, la justice est du côté des bien-nantis, si je ne m'abuse. Jusqu'ici, il n'y a rien de nouveau. Comprendre son époque, c'est déjà se comprendre soi-même, il me semble. L'éducation contemporaine doit être utile en premier lieu, comme dit des détracteurs. Cette réalité ne fait pas des hommes à part entière, mais des parties fragmentées au service de l'utilitaire. Apprendre un métier avant d'être un homme est devenu aujourd'hui un impératif moral. Cela a pour conséquence d'affaiblir les sociétés. Toutefois, je dois nuancé mes propos en affirmant cela. Il n'y a pas de généralités avec ce que j'affirme, vous me comprennez bien. Et de plus, pour qui je me prends pour juger ce qui est bon ou mauvais ? L'impératif économique est intraitable, tu dois apprendre un métier, tu dois te spécialiser. Dans cette jungle, tous ne sortent pas vainqueurs. D'un côté les plus forts et de l'autre, les plus faibles, si je puis dire ainsi. Encore une fois des nuances doivent être apportées pour éviter tout clivage. Ce n'est pas si simple que ça. Il est possible que j'essaie de me montrer intelligent à vos yeux pour me donner confiance et du mérite en écrivant de la sorte. Peut-être n'est-ce qu'une joute grammaticale dans le but d'attirer votre attention ou de me distraire ? Quoique qu'il en soit, l'exercice est fort profitable à celui qui s'exprime et à ceux qui me lisent, sans prétention d'aucune part. La logique dépend largement de l'utilité que l'on en fait. Ce n'est pas autant la raison qui domine que l'économie de marché. Dans ce domaine-là, seuls les profits et les rendements comptent. L'éducation est au service de cette économie où tout se vend et tout s'achète. La morale se définit dans les parts de marché et les profits qui s'enchaînent. Comment ne sommes-nous pas capables de modifier ce paradigme ? La simple raison est que ceux qui détiennent le pouvoir ne veulent pas prendre le risque de le perdre. Il est facile de juger, mais mettons-nous à la place de l'un d'entre eux. Pour transformer le monde, il est impératif de ne pas tenter de le faire seul, que l'on soit pauvre ou riche. C'est un peu comme une élection, tous doivent voter pour le même parti pour faire progresser les choses. Le problème avec la politique, c'est que la plupart ont tous, plus ou moins, les mêmes choses à offrir. Dans ce monde-là, ça n'avance pas vite, monsieur. Et puis, ils n'ont rien d'autre à nous offrir que les mêmes stupides rengaines entremêlées de publicités commerciales dont dépendent tous les partis. Mais la plupart ne font que ce qu'ils peuvent. Les systèmes qu'ils ont mis en en place sont plus forts qu'eux-mêmes. Il y a une forme d'impuissance qui nous domine. Je suis idéaliste, mais j'ai le droit de rêver, si je ne dérange personne. Je crois que je viens de prendre mon élan, j'ai trouvé mon gaz. Pour aller où, allez le savoir. J'ai toujours su où j'allais en marchant. Aujourd'hui, c'est en écrivant que j'apprends à marcher. Dans toutes les sociétés, il y a les dominants et les soumis, en règle générale. Se dire complètement libre serait stupide de notre part, car on dépend tous de quelqu'un ou de quelque chose. Les dominants ont tous ceci en commun, qu'ils ont du pouvoir d'achat, même le pouvoir d'acheter les autres. Par chance qu'il existe fesous et des règles pour nous protéger, encore faut-il se battre. Mais on dira qu'ils offrent du service à qui le mérite et le paie bien. Une morale s'est construite autour de ce thème, dans lequel personne ne pourra contester. Une petite chose à préciser concernant les auteurs des grandes œuvres, c'est qu'ils étaient tous des hommes blancs. Quelle étrange stupéfaction de ma part en constatant ces faits que je n'ai jamais jugé utiles de prendre en considération. Mais ces auteurs jouissent de la protection de l'autre morale, celle de l'utilité. Tout s'enchaîne, mes amis, n'est-ce pas ? Il est où le bonheur, il est où le mystère de la foi ? Il y a tellement de liens à faire à la lecture d'Arteau-McNeil dans la perte et l'héritage. Il y a eu longtemps une morale qui n'était associée qu'aux hommes blancs. Là je vois le processus possible d'exposer mes idées sur le sujet. Ce n'est pas tant que je veux m'en exempter, mais d'être prudent dans toutes formes de commentaires qui pourraient s'avérer erronés et de réciter contre moi. Encore faut-il que j'aie envie de le faire. En réalité, je dois le dire, l'humanité a évolué à bien des égards, si je pense au racisme, à l'égalité des femmes, à l'affirmation de soi, à l'équité salariale, aux droits des hommes, même s'ils demeurent largement bafoués sur la planète. Le monde est aujourd'hui dominé par la science et les technologies. Les hommes, dans la grande majorité des cas, sont à leur service. J'aimerais beaucoup mieux bâtir la morale sur l'égalité au lieu que sur l'utilité. Je vois d'ici monter aux barricades les défenseurs des libertés. Aux États-Unis il n'en faut pas beaucoup pour être nommé communiste. Je ne tiens en aucune mesure, à un retour en arrière ou en voulant détrôner le capitaliste, chose qui m'apparaît impossible. L'idée est plutôt de le transformer. Pour plusieurs d'entre nous, surtout les plus âgés, l'étude des grandes œuvres leur rappellent trop l'éducation religieuse pour que cela les anime. La génération des baby-boomers est celle qui est passée très rapidement des valeurs humaines aux valeurs matérielles pour en avoir cruellement manqué dans leur jeunesse. C'est bien dommage. La religion catholique couvait dans ses rangs des élites qui contrastaient avec la masse populaire et qui, pourtant, formait une large proportion. Pour bien comprendre le monde où l'on vit, il faut reconnaître celui d'où l'on provient. N'est-il pas pour ça que sur les plaques d'immatriculation il est inscrit : je me souviens ? Au fond, ce que nous désirons est une culture individualiste. Notre horizon moral va dans cette direction. L'avenir de la belle province passe selon moi par le multiculturalisme, qui, par une solide diversité des valeurs mises ensemble, pourront nous affranchir d'une individualité consensuelle. Mais pour cela, l'éducation permanente doit être la base de chaque être humain voulant construire un monde meilleur. Par éducation permanente, je veux dire, apprendre le civisme, la civilité, les droits et les devoirs de l'homme, la justice, l'égalité, la fraternité, le sens du bien commun et le partage. Notre régime politique et la société en général envoient à chacun de nous la responsabilité de trouver par lui-même des réponses aux questions de sens. Le fondement ultime des démocraties libérales est en fait des régimes individualistes. Le fondement de nos sociétés est devenu l'individu. Ce paradigme est totalement nouveau dans l'histoire de l'homme. En ce sens nous n'avons aucun repère pour nous éclairer sur l'avenir. Ainsi se nomme l'état des choses : le progrès. À titre d'exemple, il aurait été impensable dans une époque pas si lointaine d'entretenir un journal semblable sans être condamné sur la place publique. L'individualisme a ceci de bon, qu'il nous offre plus de libertés qu'il n'y en avait jadis. Or, ce qui se gagne d'un côté se perd de l'autre. Chacun est libre comme il l'entend pourvu qu'il respecte les droits et libertés des autres. Notre individualité possède son lot de risques et de conséquences. Depuis quelques semaines, je regarde le nombre de mots écrits par minute. En moyenne, j'atteins près de de 1,400 mots par soir, période de la journée où mon esprit est plus disposé à pareille étude.
5 avril |
Le 29 mai prochain, cela fera cinq ans que j'écris dans le blogue de façon constante. Les chapitres de toutes ces années sont conservés dans le site. Hier soir, j'ai consulté quelques chapitres des premières années. Les idées de fond sont déjà pas mal, mais la forme est très loin de celle retrouvée à ce jour. Littérairement, j'ai beaucoup cheminé, je suis content de la progression. Mes phrases sont plus courtes et moins diffuses. Les thèmes empruntés sont plus élaborés. Le vocabulaire est plus coloré et les idées mieux développées. Bref, une évolution littéraire assez satisfaisante dans son ensemble. La tristesse m'affecte ce soir. Il ne sert à rien de vouloir la chasser. Je dois l'accueillir. La solitude me pèse en ce long weekend de Pâques. Ce n'est pas que j'ai manqué de chocolat noir, mais ma peine est de n'avoir personne à qui le partager. Comment puis-je faire pour vivre sans amour et sans quelqu'un avec qui partager ? Mon pied est enflammé. J'aurai de nouvelles orthèses plantaires cette semaine, les premières étaient trop rigides et me provoquaient de vives douleurs sous le pied. C'est la cause principale de ma tristesse. La solitude est plus lourde dans cette douleur qui m'empêche de marcher librement. Cela m'affecte considérablement. Je dois limiter la marche, ce qui est éprouvant et déprimant à la longue. Je n'ai pas de quoi faire un essai élaboré ce soir. Je suis en pause. J'ai allumé une grosse chandelle parfumée. J'ai toujours vécu comme si c'était le dernier jour. Dès mon jeune âge, j'étais ainsi. Ma mère me le rappelait sans cesse. Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours eu des idées profondes, pour les nommer ainsi. Me poser trop de questions sur le sens de l'existence à mon adolescence me foutait le cafard. Je ne savais pas faire mieux. Il m'a toujours suivi sans que je l'invite. Je fus trop jeune pour vivre avec ces lourdes pensées trop hâtives. Ça s'appelle un trauma, cette bêtise-là. Je n'ai rien pu y faire, sauf m'enfuir et maugréer. Ce satané colporteur de cafard s'est imprégné très tôt dans mon corps. Insépide intrus que je devrais aimer au lieu d'haïr. J'ai souvent des flashs de voyage. C'est comme si ma mémoire ne voulait pas que j'oublie avant qu'elle ne meure et que je parte avec elle. Ma mémoire n'est pas un fil continue. C'est bien étrange la mémoire. Un jour, je me mettrai à écrire mes flashs de voyage mis bout à bout, tel le rouleau où Jack Kerouac écrivit ses péripéties et souvenirs de voyages. Je l'écrirai d'un seul trait, sans trop y réfléchir, ni le coloré. Il prendrait la forme d'un triptyque littéraire, qui est une œuvre composée de trois parties distinctes mais indissociables, formant un tout cohérent, souvent structuré autour d'un thème commun ou d'une symétrie narrative. Contrairement à une trilogie, qui signifie trois œuvres autonomes, le triptyque est conçu comme une unité unique. Il faut que je mette de l'ordre dans toute mes ruminations avant que je ne chavire, si ne n'est pas déjà fait. Parfois, il m'arrive de n'avoir plus rien à faire, plus rien à penser, ni à écrire. C'est affreusement angoissant, ces moments-là. Cela me calme d'exprimer mes émotions. C'est la meilleure chose à faire dans ces perturbations. J'écris aussi pour ça. Ça me délivre du surplus d'émotions qui m'oppressent. Si au moins je pouvais guérir ce pied, je pourrais me remettre à sauter dans toutes les directions. Et pourquoi pas danser ? Éviter de parler de ces sujets sensibles qui m'affectent aurait la même portée que de vouloir les nier et de les fuir. Donner plus d'importance à cette douleur ne ferait que l'augmenter. La renier encore pire. Je me sens si impuissant, sauf si je prends une journée à la fois. Comment en suis-je rendu à toujours voir la catastrophe, le verre à moitié vide ? Ne trouvez-vous pas que les images coïncident avec les textes ? Il est rare que je n'ouvre pas un livre le soir venu. C'est mieux ainsi. François Cheng rappelle que rien n'est beau s'il n'y a pas de spectateur : ce n'est pas parce qu'il y a quelqu'un pour contempler la beauté qu'elle existe. Un adjectif existe lorsqu'il se compare à un autre du même genre. Prenez le gris par exemple, il évoque pour nous la tristesse, la mélancolie, l'ennui et la vieillesse. C'est pas étonnant qu'après de nombreuses journées de pluies, l'on deviennent maussades, voir même déprimés. Admirer la pluie en ville ou à la campagne, ce n'est pas pareil. En ville, on observe davantage nos idées que les paysages, il va de soi. Et puis, ça dépend aussi de notre degré d'immobilité. J'aime mieux la pluie de la campagne que celle de la ville. Semblant répéter ce fait, c'est parce je viens de tomber sur un petit bouquin qui me parle du bien de la pluie : aimer la pluie, aimer la vie, de Dominique Loreau. Ça prend beaucoup de courage et de volonté pour écrire un livre sur la pluie. Ce recueil fort agréable, évoque la poésie qui émane de la pluie. Inspiré de l'auteur qui habite le Japon depuis trente ans, sa perception de la pluie est celle d'une artiste véritable. Je préfère les grosses averses que seulement un ciel couvert de gris sans nuées. Finalement, je n'ai pu résister d'ouvrir un livre de tendre lumière, afin de compléter cette journée grise avec des mots remplis de couleurs.
4 avril |
Les anges gardiens sont les anges gardiens et il n'est pas souhaitable de contester leur existence. À vrai dire, il est préférable de conserver quelques illusions, au risque de voir tout s'écrouler autour de nous. Le titre du livre de Denis Grozdanovitch : la secrète mélancolie des marionnettes signifie que les hommes, en général, ne sont actionnés que par le désir de reproduction, d'où la marionnette. C'est étrange de voir mon prénom dans ce mot. Marionette signifie petite Marie, de petites figurines bibliques articulées au Moyen Âge. Le prénom Mario dérive du latin Marius, lui-même lié à Mars, le dieu romain de la guerre. Guerrier pacifique pour ma part. Je déteste, par dessus tout, les querelles verbales et la violence. Le prénom évoque la virilité, la force et la masculinité. Dans le prénom Mario, il y a aussi l'étymologie en latin : étoile de mer, un nom assez évocateur lorsque je pense que mon signe astrologique est poisson. Si j'avais vingt ans, je dirais qu'il serait parfois amusant de m'abandonner aux mains de la marionnettiste. L'ouvrage de Grozdanovitch est teinté de romantisme qui me rappelle l'époque des désirs fortement éprouvés. Cette lecture trouvée au hasard est bien étrange. Elle m'évoque des zones névralgiques non rationnelles auxquelles je ne croyais plus avoir accès. Il est amusant de lire ce récit fort intelligent et aussi fragile que la séduction puisse l'être. Ici les débats d'idées se mêlent au jeu de séduction des protagonistes. Ce récit rempli de charme me distrait des considérations abstraites des derniers mois sur la raison. Pour avoir vécu pour et par l'aventure, je dois avouer avoir dû prendre quelques distances, sans toutefois abandonner totalement ses vibrations envoûtantes. J'ai vécu de l'aventure structurée, si je puis dire, qui fut bien moins insécurisante qu'on puisse le croire. J'ai toujours vécu pour le dehors. J'ai toujours cru que la vie n'existait pas entre les murs. Je ne m'y suis jamais habitué, sauf aux dernières années dans lesquelles j'ai découvert une passion pour la littérature. Lire en marchant n'est pas évident et souhaitable. Mon père s'est cassé le bras ainsi à plusieurs reprises en marchant, soit dit en passant. Le récit mélange adroitement la passion et la raison, ce qui est nouveau dans mes lectures. Je dois dire que les personnages n'ont rien de commun dans leurs intelligentes et vibrantes interactions. Les thèmes philosophiques rapportés par les personnages sont sensuellement abordés de manière distincte et intelligente, ce qui fait de ce livre une pure découverte pour le modeste lecteur que je suis. Plus je lis, et plus j'aime lire. Plus j'assimile des choses et plus j'ai envie d'approfondir des connaissances diverses. J'ai besoin de partir d'une idée ou d'une émotion pour aller quelque part, quoique j'aie tendance à me méfier de ces dernières pour le désordre qu'elles peuvent me provoquer. Pour dire vraie, la gestion des émotions fut et est encore mon plus grand défi. La raison est toujours un allié sur qui compter. La raison débusque les imposteurs impunément, je ne le dirai jamais assez. Au plus loin que je me souvienne, j'ai marcher, beaucoup marcher. Très tôt dans la vie, je me suis porté acquéreur de l'identité du marcheur pour me libérer de choses qui m'ont toujours assailli, sans que je sois capable vraiment de les nommer. C'est au moment que j'ai cessé de marcher comme un cinglé, que je commence à comprendre la léthargie auquelle je m'étais assigné. Je n'ai jamais su quoi faire d'autre que de m'user les pieds à traîner sur les trottoirs indifférents. Depuis peu, j'ai compris ce que voulait dire l'inaccompli de mon existence. Je commence lentement à emboîter les pièces de robots qui manquaient à ma structure. Je dis bien robot, car je n'ai pas encore acquis la notoriété d'un être libre et accompli. Quelle étrange conversation que j'ai ce soir avec les robots, les marionnettes et la romance. Inévitablement, cela doit être causé aux promesses des beaux jours.
2 avril |
La démocratie est en chute libre dans le monde. Peut-être qu'elle n'a jamais été réellement présente. Ce n'est que depuis la révolution tranquille qu'on connaît une relative démocratie ou une frauduleuse démocratie de surface. On n'a qu'à penser actuellement aux dérives autoritaires, à la montée des mouvements nationalistes et extrémistes pour comprendre ce qu'est la véritable démocratie. La communauté mondiale est en perte de pouvoir démocratique, surtout avec Trump, chose qu'on n'avait pas vu venir, il y a quelques années à peine. La démocratie collective s'est affirmée singulièrement dans une moitié de siècle en exploitant exponentiellement les ressources. On en a tous profité. La question à se poser est : peut-on assumer pleinement nos libertés individuelles et collectives ? Il n'y aura jamais de systèmes parfaits car les hommes ne le sont pas. Lorsque les régimes totalitaires de certains pays disparaissent, les gens ne savent pas comment faire pour être libres, car ils n'ont jamais appris à le faire. Les gouvernements sont à notre image, indissociables de ce que l'on est, et vice-versa. Comment adopter une démocratie si on est ignorant ? La démocratie, c'est l'affirmation de la dignité. Comment peut-on parler de démocratie réelle lorsque les valeurs humaines sont relayées au profit et au rendement ? Les élus aujourd'hui ne sont que des cas de figure qui n'exercent qu'un pouvoir relatif et qui ne sont que les représentants de grandes corporations privées. Quand on y pense bien, ce ne sont pas autant l'argent qui mène le monde que les idées, même si ça ne paraît pas tout le temps. Il y a toujours quelque chose qui émergera du chaos, sauf s'il nous emporte. Est-ce que le chaos naît en l'absence de la sagesse ? Poser la question, c'est y répondre. Toutefois, il existe différentes versions du chaos. Un chaos pour les uns sera une libération pour les autres. La démocratie devrait se manifester pour le mieux-vivre et non pour consommer. Les humains sont bien souvent insatisfaits pour différentes raisons. Qu'il s'agisse d'eux-mêmes, de leur relation, du travail qu'ils font allant envers ceux qui les gouvernent. Consommer revient à dire qu'ils compensent pour leur vie médiocre ou leurs désirs refoulés. L’autocratisation signifie que quasiment toutes les dimensions de la démocratie se dégradent plus qu’elles ne s’améliorent dans un grand nombre de pays. Les États-Unis ne sont ainsi plus considérés comme une démocratie libérale, mais comme une démocratie électorale. D'après les derniers rapports, le centre de gravité de l’expérience humaine et de la gouvernance mondiale s’est fortement déplacé vers l’autoritarisme, la gauche vers la droite et les valeurs libérales aux valeurs conservatrices. Pour bien comprendre les faits, on peut déceler une part d'ignorance qui flotte dans l'air pour différentes raisons. L'ignorance est un décalage entre la réalité et une perception de cette réalité, décalage qui est la conséquence d'une croyance, d'un préjugé, d'une illusion ou d'un fait avéré de ne pas savoir. Dans le bouddhisme, l'ignorance est la première étape de la chaîne des causes de la souffrance. La culture des lettres et la défense de la liberté sont indissociables. Une amie m'a dit aujourd'hui qu'elle avait déjà assisté à une conférence de Thomas de Koninck lors d'une assemblée sur la simplicité volontaire. En débutant la soirée, il a débuté par une question à laquelle mon amie s'est empressée de répondre : quel est le sens de la beauté ? La beauté transcende la réalité, qu'elle répondit de Koninck ne s'attendait pas à une réponse aussi rapide et limpide. Pour moi, l'intelligence est un signe de beauté comme le visage d'une jeune femme. Il va de soi que mon cerveau est étroitement associé à ma façon de penser. Nous devenons ce que nous pensons. Mais il faut plus encore, il faut aussi l'amitié. Aristote a dit à cet effet que nous pensons que l'amitié est le plus grand des biens pour les cités, car elle évite au maximum la discorde. Force est de constater que sans amis personne ne choisirait de vivre, eût-il tous les biens. L'ami est une extension de soi-même. Un ami vient de voir mourir sa mère. Toute sa famille s'est rassemblée autour d'elle au dernier moment, en personne ou par visioconférence pour ceux qui ne pouvaient y être. Sa mère lui a caressé la tête et quelques minutes après elle est partie pour un monde meilleur. Une vieille femme meurt, un enfant vient de naître. Le développement de la conscience a manifestement besoin de l'aide d'autrui, malgré la tentation parfois de se suffire à soi-même. Le rôle de la famille est évidemment primordial à cet égard, si évidemment elle est fonctionnelle. Elle aide à supporter les grandes épreuves de la vie. Et puis, le monde s'est globalisé en transformant la culture et les traditions. Et puis il s'individualise et plus il se fragmente. Alors, on ne s'étonnera pas que personne ne vienne nous caresser la tête à notre grand départ. Ce qui fait le lien social est en proie à un processus de dissolution. C'est alors que naissent les dérives autoritaires et technocrates. Tôt dans la vie, j'ai compris que j'allais être souvent seul. Depuis quelques années et à force de ruminer cette pensée, j'en ai déduit certaines opinions sur le sujet. Devant certains faits, il y a quelques pistes pour détourner le destin que l'on croit acquis. La première des choses est de rechercher à se relier aux autres par des champs d'intérêts communs, d'une part. La seconde est de s'agiter dans tous les sens dans le but de faire quelques rencontres fortuites par hasard. La meilleure façon de se relier aux autres est avant tout de se relier avec soi ou d'apprendre à le faire. Il y a un dicton qui affirme cette réalité : deviens toi-même. Tout objectif doit être la recherche d'une vie bonne. Cela m'amène à vouloir décrire ce qu'est une vie bonne. La double ignorance est un concept philosophique, issu de Platon et Socrate, définissant l'état d'une personne qui non seulement ignore une chose, mais ignore aussi qu'elle l'ignore, tout en croyant la savoir. C'est une ignorance de sa propre ignorance, souvent couplée à une fausse prétention au savoir. La notion de vie bonne est une question centrale de la philosophie morale qui cherche à définir non pas simplement ce qui nous fait plaisir sur le moment, mais ce qui rend une existence digne d'être vécue et accomplie. Pour les stoïciens, il s'agit de vivre en harmonie avec l'ordre du monde et d'accepter ce qui ne dépend pas de nous. L'acceptation revient souvent pour établir un élément clé de la sagesse. Pour de Koninck, le domaine des relations humaines est, par excellence, quoique non de façon exclusive, le lieu de l'éthique. Il n'y a pas de vérités pour l'ignorant. Mon défi de tous les jours est d'apprendre à toujours penser mieux. Seule cette faculté peut me rendre autonome et libre. Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la répéter. Celui qui ignore son passé ne s'en libère pas, mais est poussé à l'aveugle par lui. Néanmoins, se figer dans le passé n'est pas moins désastreux. Il s'agit plutôt d'apprendre du passé. Le problème actuel est que la pensée et la vision deviennent de plus en plus fragmentées. Le libre afflux des mots et des images à l'échelle mondiale transforme les relations humaines à tous les niveaux, nous indique le philosophe. Cela nous démontre que l'évolution des sociétés est déterminée par la culture d'abord. Toute démocratie dépend de la qualité de la formation de ses citoyens. À défaut de véritables démocraties, la violence ne pourra que s'accentuer. Les questions les plus brûlantes sont les questions qui portent sur le sens ou le bon sens de la vie, disait Hurssel. L'éducation publique tend à s'aligner sur les besoins du marché de l'emploi. Cette approche d'apparence pratique ne l'est pas du tout, elle est largement illusoire. Nous manquons délibérément notre mission, qui devrait être avant tout humaniste, au lieu de nous mettre opiniâtrement au service du marché et du corporatisme. François Legault, qui vient de terminer sa tâche ministérielle, nous dit que les gouvernements doivent s'appliquer à redonner aux humains le goût de l'avenir, comme l'affirmait de Tocqueville. Rien n'est plus nécessaire dans le contexte actuel que la philosophie. C'est elle seule qui dure et donne un sens à l'existence. Je tiens à remercier sincèrement Thomas de Koninck pour ses sincères réflexions qui donnent un sens accru à mon existence. Il a permis de retrouver chez moi quelque chose qui sommeillait et que je n'avais pas de mots pour décrire. Ce dernier chapitre est exhaustif pour la grandeur et le nombre des réflexions posées. À chaque premier jour du mois, je viens de décider d'emblée qu'un nouveau chapitre serait abordé. Il sera appuyé par les penseurs et les auteurs qui, par hasard, reflètent mes humeurs et mes préoccupations, comme quoi mon quotidien serait bien pauvre sans eux.
















