Dialectique

Bienvenue sur mon blogue personnel. Ce journal intimiste exprime un désir de dépassement et d'authenticité.

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Polarsteps



1er mars |

Voltaire a dit que les livres les plus utiles sont ceux que les lecteurs font eux-mêmes à moitié. Ils étendent les pensées sur lesquelles on leur présente le germe et ils corrigent ce qui leur semble défectueux. Depuis toujours, j'ai voulu me transformer par mes rêves jusqu'au moment où je vous parle. Dans mes plus beaux rêves, je partais toujours pour quelque part où le monde était toujours plus beau que celui que je quittais. Il était beau parce que j'étais en constant mouvement dans la gaieté à l'inverse d'où je provenais. Dans mes rêves, la vie resplendissait de toutes ses couleurs, de toutes ses formes dans un cadre naturel éblouissant. Si j'écris cela, c'est pour me motiver au printemps venu, où je partirai à l'aventure sur des terres inconnues. J'ai toujours porté des espoirs immenses, des rêves fous. J'ai rêvé à des vies différentes et aucunement conformistes, comme on l'entend. Et puis mes désirs se sont tus dans l'indifférence de la ville où j'habite. J'ai toujours rêvé que je la quittais et j'y suis toujours revenu. À vrai dire, j'ai toujours recherché à me déplacer, à être en mouvement pour ne pas que la routine et la lassitude s'installent. C'est étrange, comme la littérature spirituelle me convient et m'enchante par les temps qui courent. Le terme ne peut pas être mieux dit que dans ce temps qui coure. J'ai beaucoup voyagé, marché, humé beaucoup de plantes et de fleurs sauvages. J'ai vu les nuages se défaire et se construire dans les vents contraires. Le temps m'appartenait. Je faisais partie intégrante du paysage que je traversais. Et puis, j'ai rêvé que j'avais des gens avec qui parler en voyage. Et puis, mon rêve s'est réalisé. Après avoir longuement parlé, souvent pour rien dire, j'ai rêvé que je voyageais seul avec moi-même. Et puis, mon rêve s'est réalisé. Et puis, je me suis lassé d'être seul. Et puis, j'ai rêvé qu'une personne différente des autres serait à mes côtés pour vivre des aventures. L'histoire s'arrête là, mes rêves aussi. J'ai souvent rêvé d'une épaule qui m'offrirait son aide, d'une personne à qui parler, sans quoi mes rêves ne seraient plus les mêmes. Et puis, j'ai espéré. Dans mon état semi-immobile, j'ai appris à m'exprimer comme je le veux, comme je le ressens. Dans la foule, j'en suis presque incapable. Et puis, à l'intérieur de moi, j'ai appris à me parler et à m'écouter. Parfois la confusion règne à force d'avoir rêvé d'un rêve inaccessible, à force d'avoir fui la réalité. Cette réalité, j'ai tant voulu la quitter parce qu'elle ne correspondait pas aux rêves auxquels je m'étais destiné et auxquels je croyais. À l'intérieur de moi a vécu un être léger à croire à mes rêves. Si on ne nourrit pas ses rêves, ils disparaissent. Je me rappelle du temps où je parlais à tout le monde dans la rue. Les gens partout étaient joyeux et légers. Tous ceux à qui je parlais avaient des rêves à partager. Maintenant, ils n'ont que le vide dans le regard et ne font que passer la tête lourde, le cœur absent. Et si c'était mon regard qui faisait défaut ? Et si je ne réussissais plus à comprendre le monde qui m'entoure ? J'éprouve souvent ce sentiment malaisant de me sentir étranger partout où je vais. Je m'étais acheté un livre la semaine dernière, que demain il prendra la place dans la boîte à livres après quelques lourdes consultations sur l'obéissance. J'ai troqué ce dernier pour un vieux livre de Martin Gray qui trônait dans la poussière de ma bibliothèque depuis fort longtemps. J'aime relire certains bouquins après plusieurs années de délestage. Les forces de la vie est le titre. L'auteur me dit de regarder le monde tel qu'il est et non pas comme je voudrais qu'il soit. Comment suis-je arrivé à oublier la fraîcheur qui a su si bien me pénétrer il n'y a pas très longtemps ? Peut-être est-ce le long hiver qui agit ainsi sur moi ou bien le manque de grands espaces ? Rien n'est acquis dans la vie, tout est toujours à recommencer. Depuis hier, des hommes se sont encore détournés de la fraternité. Ils ont préféré la guerre à la paix. Et puis, que le spectacle médiatique se poursuit loin de mes rêves. Quand s'arrêtera cette folie de destruction et d'indifférence ? Si je me suis aussi accroché à mes rêves, c'était pour éviter que ma vie ne ressemble à ce monde où je vis, menaçant et cruel. La vie de Martin Gray est un miracle et une source d'inspiration. Grâce à l'écriture, il a su se relever et aller au plus profond de ses rêves. Il est devenu soudainement l'intermédiaire, le relais entre eux et vous, entre soi et nous. De ses malheurs et de ses souffrances, il a su ériger une force. La question que je me pose après sa lecture est comment réussir à pacifier mon corps et mon cœur dans l'absence de la fougue qui ornait ma jeunesse d'hier ? Comment puis-je trouver de nouveaux rêves sans avoir à traverser le monde d'un bout à l'autre ?