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Bienvenue sur mon blogue personnel. Ce journal intimiste exprime un désir de dépassement et d'authenticité.

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7 janvier |





6 janvier |

J'aime le thème des fenêtres et des rideaux en images. J'ai toujours aimé la photographie. Mes clichés n'ont pas toujours été celles qu'elles sont devenues aujourd'hui. Je me rappelle du temps où les images étaient en papier que j'allais chercher à la pharmacie. C'était à cette époque, la préhistoire de la photographie. Le tarif pour une enveloppe de trente-six images était assez cher. Je me débrouille pas mal en arts visuels, malgré que je ne suis pas un professionnel. Dans ma carrière de guide, je prétends avoir été un professionnel, quoique ce terme ne me plaît guère. Je trouve ce titre hautain et arrogant, ceci est mon humble opinion. Il y aura toujours quelqu'un pour critiquer le travail qu'on fait. Paul Valéry disait que les hommes se distinguent par ce qu'ils montrent et se ressemblent par ce qu'ils cachent. Je fais de plus en plus l'éloge de la lenteur. Comme il me paraît absurde de voir les gens d'un certain âge à la retraite courir comme des petits veaux. Toujours pressés avec des horaires chargés, en compétition sans cesse avec eux-mêmes jusqu'au jour où un morceau cédera à l'usure. Les jeunes se dépêchent d'avancer en âge que les vieux ne veulent pas vieillir. Nous ne sommes jamais contents de notre sort. Nous voulons toujours davantage, alors nos réserves sont quasiment pleines, ad vitam æternam. J'exagère, comme toujours. Les désirs et les besoins cohabitent avec nous depuis le berceau. La lenteur exige que nous puissions laisser respirer notre âme à travers la flânerie, l'écriture, l'écoute et le repos, écrit Pierre Sansot dans le bon usage de la lenteur. Le monde va de plus en plus vite. Il est devenu si difficile à suivre que je jouis à cultiver la belle tranquillité. La raison veut-elle que je m'incline devant un processus que l'on dit irréversible ou bien ne nous invite-t-elle pas à nous soustraire à une telle galopade quand rien ne la justifie ? La plupart des gens me semblent vivre dans une espèce de pénurie. La lenteur est un choix de vie malgré les coûts prohibitifs. De plus en plus, le partage du coût de la vie est une solution afin de pouvoir conserver sa lenteur et sa dignité lorsqu'il est impossible de faire autrement. Il est toujours possible de se révolter, mais seul contre Goliath, le risque de voir nos actions tomber à l'eau est évident. À force d'être pressé dans un étau, les chances de s'en sortir fondent à vue d'œil. Serait-il possible que nous soyons tellement soumis que nous ne puissions poindre des jours meilleurs ? Notre individualisme fait de nous des êtres fragiles, car seuls nous ne pouvons pas changer l'ordre des choses. Pourtant, il y a urgence d'agir. Comme il est grand, le fait de se lever dans la lumière et de se reposer le soir venu sous les ombres. J'en suis venu à en vouloir à ceux qui voudraient remplir mon espace de leurs propositions malhonnêtes et futiles. Je leur exprime mon désaccord dans ces quelques lignes en exigeant qu'il me laisse cheminer à mon rythme plutôt qu'à celui qu'ils croient être le bon. Je vis dans un norme qui m'affaiblis bien malgré moi.


5 janvier |

Encore faut-il accepter qu'il n'y ait rien que quelque chose. Je suis souvent effrayé à l'idée de n'avoir rien à faire. Que se passe-t-il alors ? Un petit moment de panique et un sentiment de grand vide vient meubler mon esprit avant de prendre quelques profondes respirations. Ce qui est plus douloureux, c'est lorsque le corps est obligé de s'arrêter pour des raisons de santé. Tout à coup le corps se relâche dans la sieste et en écoutant de la musique. C'est dans l'acceptation de cet état transitoire que l'esprit se relâche et de nourrit. En ce début de semaine, j'ai entrepris quelques appels afin de planifier quelques rendez-vous pour valider mon état de santé et occuper le surplus d'heures libres à ma disposition. Être à la retraite exige d'être créatif pour meubler son temps. Être à la retraite, c'est souvent être seul pour ma part. Il vient un temps où des efforts sont requis pour sortir de la solitude, cette douce et troublante chose qui me menace en même temps qu'elle me nourrit. La solitude n'est pas à confondre avec le sentiment d'isolement, qui lui est nocif pour la santé mentale. Je suis devenu au fil du temps une âme soumise au flux de l'information. La masse de données à laquelle j'ai accès va réussir à faire de moi un tas de débris venant s'échouer sur les rivages des océans. Ce n'est que grâce à la philosophie que nous pouvons résister à ces flux et reflux. La pression médiatique est telle qu'il nous devient impossible de démêler la fiction du réel. Le nouvel océan de l'information continue risque de nous amener dans un naufrage spirituel. Il me semble que la parole ne serve plus qu'à nous enfoncer dans le sombre tunnel des graves crises contemporaines. Il me semble, en écoutant la foule, que la parole ne mène nulle part ailleurs que dans une existence absurde. À ce moment, il faut se faire silence et attendre qu'un nouveau jour se lève. L'usage narcissique et matérialiste du verbe se traduit par le désenchantement du monde, me raconte Jan Marejko. La philosophie est ce désir de traverser cette épaisse couche de mensonges, d'illusions, de peurs et de préjugés. En philosophie on n'obtient jamais de résultats et jamais elle ne pourra me dire ce qu'est le réel. Savoir prendre une distance avec ce qui m'entoure est un geste nécessaire de sagesse. La conscience est le pouvoir d'agir, de ne plus se soumettre inutilement. Quand la santé va, tout va. C'est une affirmation simpliste mais qui est porteuse de sens. Pour exercer un certain pouvoir sur moi-même, je me retire en réfléchissant dans une sereine solitude. Grâce à cette distance, je peux voir le monde, le connaître et possiblement le changer d'une manière subjective. Il y a un lien étroit entre la conscience et la liberté. Pour plusieurs, se retirer en soi-même est synonyme de craintes, car ils ont peur de ne rencontrer que le vide, hélas ! Ce rien constitue l'espace immatériel de la pensée. C'est ce que j'ai découvert aujourd'hui dans ce qui me semble être une journée de rien. C'est dans cette chambre obscure de la conscience et du rien que l'homme trouve la plus profonde source de vie et non point du tout dans ce qui s'offre à ses sens. Ceci est une observation intéressante qui donne matière à réflexion. Il ne faut toutefois pas penser qu'ils nous fassent priver de ses sens, comme quoi seul dans nos pensées, nous deviendrons complètement cinglés. L'équilibre entre les sens et la conscience est difficile à établir. Une autre soirée d'écriture vient de se terminer. Je vais tenter de prendre conscience, avant d'éteindre ma lumière, du rien qui m'entoure et qui me donne de l'espace entre chacune de mes pensées.

4 janvier |

Un évènement étonnant m'a foudroyé en consultant une médecin dans un hôpital près de chez moi très tôt ce matin. Après deux heures d'attente et de violents maux de tête qui perdurent depuis plus d'une semaine, le docteur du haut de sa chaire me signale que je n'ai pas d'infection aux sinus et me demande tout bonnement si j'avais des projets dans la vie, tout en me donnant des leçons. Grand fut mon étonnement devant d'aussi gratuites affirmations, d'autant plus que je ne voulais consulté ni un psychiatre, ni un psychologue pour mes maux de tête et nausées. Je revendique quelques mots pour ne pas m'effondrer de stupeur. Il en rajoute en m'indiquant que la mise en forme que je fais depuis toujours n'est pas un projet suffisant pour la retraite. Que sait-il de moi pour s'exprimer de la sorte, lui qui n'a que de brèves notes médicales dans mon dossier ? Ne voit-il pas que j'aurai 68 ans dans deux mois ? Être heureux ne suffit-il pas ? J'aurais voulu le faire parler davantage qu'après cinq minutes je devais laisser la place au suivant. Si j'avais voulu obtenir des conseils sur mes projets de retraite, je n'aurais pas été aux urgences de l'hôpital. Après coup, je constate qu'à défaut de faire plus pour moi, il s'est improvisé à mes dépens. J'ai passé le reste de la journée à ruminer cette histoire étrange, tentant de me culpabiliser à tort. J'ai tellement gravi de sommets et parcouru tant de contrées lointaines que je me repose de toute cette agitation. Comment répliquer à un médecin au travail et en autorité lorsque je suis souffrant, ne demandant aucune autre requête que celle de me soigner un mal de tête virulent ? Mes projets de retraite consistent, malgré le fait que je peine à me justifier, à entretenir de belles et trop rares relations d'amitié que je possède et surtout avec celle que j'aime depuis bientôt deux ans. Je fais quelques voyages aux chaudes saisons avec mon campeur, qui est en soi un projet peu anodin dans la façon dont je trimballe ma vieille carcasse et qui s'affiche de plus en plus usée. Je lis et écris comme jamais je l'ai fait auparavant en entretenant un blogue au quotidien. Je fais de l'exercice, du yoga et je marche tous les jours. Je vais au cinéma, je participe régulièrement à des cafés philosophiques, j'assiste à quelques concerts. N'est-ce pas là de beaux projets pour un homme ayant abdiqué totalement aux labeurs d'une vie agitée ? Je n'ai ni enfants, ni famille, auxquels je ne peux m'offrir en partage. J'ai longtemps réfléchi en lien avec le bénévolat que je pourrais faire. La seule participation que j'ai à offrir réside dans mon désir de dialoguer en profondeur sur des sujets philosophiques et autres qui donnent du sens à l'existence. Parler, écouter, dialoguer à deux ou en groupe, n'est-ce pas là un splendide projet de retraite et une belle implication simple et ressourçante ? 

Je n'ai ni appris à bricoler, ni à construire, ni à vendre de la camelote, ni à me joindre à une grande table d'administrateurs ou de comptables. Je n'ai ni appris à jouer de la musique, ni à peindre ou à faire du théâtre. J'ai surtout appris à parler, à voir, à rêver de paysages et à réfléchir. J'ai souvent tenté d'être heureux. J'ai souvent appris que le bonheur n'est pas durable, ni les liens, ni la santé. Mes projets sont étroitement liés à certaines peurs aussi paradoxalement soient-elles. J'ai tant voulu que le passé n'existe pas et que je puisse toujours me réinventer une nouvelle vie à chaque saison. Mon projet de vie pour la prochaine étape est de vivre dans la pleine conscience, de mieux écouter, d'apprendre et d'aimer. N'est-ce pas là un beau projet de retraite, docteur ? Dans ma routine au quotidien, car il en faut bien une, je revois souvent Sisyphe roulant sa pierre en haut d'une montagne. Lorsqu'il atteint son objectif, non pas sans misère, la pierre qui redescend lui offre un répit pour réfléchir et contempler les beautés du monde qui l'entourent. Il réfléchi alors sur ce qui est devenu sa vie d'immortel d'avoir été puni des dieux pour avoir enfermer la mort dans un placard pour vivre éternellement. La morale de cette histoire est qu'il y a toujours un côté positif à chaque histoire, à chaque effort. J'associe l'histoire de Sisyphe avec le fait d'aller au gymnase, par exemple. Le plus difficile, c'est de m'y rendre. L'histoire de Sisyphe m'aide à avancer dans la vie. On a tous besoin d'images et de messages forts pour donner du relief et un sens à nos routines. Une chandelle parfumée à mes côtés ce soir en lisant suffit à ma peine. Les bougies sont beaucoup moins chères qu'un voyage au Kilimandjaro et peuvent apporter plus de paix dans l'âme à ceux qui savent ce que c'est que d'avoir parcouru le monde. Possiblement que le médecin et moi-même ne sommes pas rendus au même endroit dans la vie ? C'est dans les petites choses maintenant que je puise mon bonheur, même si je sais qu'il est cruellement passager. C'est dans la littérature que mes orgasmes sont les plus longs aujourd'hui. Descartes affirmait que la preuve de mon existence ne m'est donnée par les autres, mais bien par ma propre conscience. De quoi je me mêle aurait été ma réplique auprès du médecin insouciant, mais à ma grande stupéfaction et à ma vulnérabilité devant mon malaise et ma douleur, il me fut impossible de lui asséner quelques bravades. De toute façon, dans cinq minutes il m'aura oublié, comme la plupart des types qui le visitent sans même le choisir. Je me dis, après que la poussière retombe, que c'est pas de sa faute et qu'il possède lui-même un numéro au même titre que ses patients. Il se doit d'avoir quelques réponses aux patients qu'il rencontre, même si elles ne s'accordent pas à la réalité de ces derniers. 

Savoir discerner le vrai du faux est un art qui se cultive. Le problème réside lorsque la peur et la souffrance l'emportent sur la raison et le discernement. J'aurais aimé qu'il me raconte la même histoire sans sa blouse blanche et son titre épinglé sur son froc. Il fut une époque où la capacité des individus à s'écouter n'était pas valorisée. Elle constituait même une menace pour la norme, le risque d'un désordre inutile dans une société structurée en ordres. La confiance en soi n'a vraiment pas eu de sens jadis à part quelques aristocrates à l'enjambée chevaleresque. C'est depuis l'âge des Lumières et de l'apparition des grands principes démocratiques que le monde s'est transformé. Faire confiance à son intuition et apprendre à s'écouter, c'est tout simplement être libre. Pour savoir reconnaître ce qui se cache derrière d'innombrables pseudo-vérités, cela demande beaucoup de discernement, de multiples connaissances et surtout une grande confiance en soi. L'expérience m'apparaît dans ce qu'il y a de plus essentiel dans l'équation, toutefois elle peut s'avérer inutile et dérangeante. La liberté n'a rien à voir avec l'absence de contraintes, bien au contraire. Oui je m'écoute, mais en éprouvant certains retards devant l'hésitation et la peur de me tromper. Aujourd'hui, au gymnase, je discute politique avec un américain traditionnel. Je mets en disgrâce le président des États-Unis avec quels exemples et réflexions. Il est devenu rapidement gêné devant tant d'opinions de ma part. Rapidement, la conversation s'est répandue à d'autres gens dispersés dans le gymnase. Tous ont conjugué être en accord devant mes propos sur cet ignoble personnage aux profils violents et orangés. Je me demande bien parfois quelles sont les sources de vérité, si elles existent vraiment, de tout ce peuple qui ne reconnaît que l'ordre, même dans l'injustice. À force de vouloir parler politically correct, aucun véritable dialogue n'existe vraiment chez certains voisins du Sud. On évite les discussions franches, mais on hésite pas à sortir son fusil et à appeler le shérif à la moindre intercation. C'est qu'ils savent à quel point il peut être dangereux pour certains d'entre-eux de débattre sur la place publique avec un révolver caché sous le siège de sa voiture. Alors proviennent les clivages et les divisions que l'on connait actuellement. Les médias sociaux avec leurs influenceurs qui font leur apparition à chaque semaine ne font qu'envenimer les débats, lorsqu'ils existent vraiment. Je crois que l'américain en provenance de la Caroline du Sud devra découvrir des différentes sources de vérités en tentant de raffermir son esprit par des lectures sincères et appropriées. Tout ce qui nous arrive sont des expériences qui nous servent à grandir. Son embarras évident devant la honte d'avoir élu ce président malaisant et dangereux l'amènera peut-être à vouloir réformer le monde dans lequel il habite. Il aura définitivement besoin de beaucoup d'aide de ses concitoyens pour atteindre ses nouveaux objectifs suite à son réveil brutal.

1er janvier |

Il faudrait bien que je tente d'écrire par moi-même de temps à autre, au lieu de passer par des intermédiaires que sont les auteurs et les philosophes. Manquerais-je à ce point d'inspiration pour me laisser dépasser par tous ces écrivains sans que je ne lève l'index ? Car c'est bien de l'index qu'il s'agit en l'agitant à vive allure sur l'écran de mon téléphone. En ce premier jour de l'année, je n'ai aucun vœu à exercer à part celui de me tenir en bonne santé physique et mentale. Aussi, je compte bien poursuivre mon intérêt pour la littérature et la philosophie par ma force et ma vitalité. Depuis bientôt deux ans, une jeune femme que je respecte et que j'aime a fait de moi un animal plus accompli. La chose qui me revient en pensant à elle, c'est que nous nous ressemblons considérablement à quelques différences près. Ce n'est pas à tous les jours que de pareilles coïncidences s'invitent dans notre parcours. Tous les deux têtus avec des caractères bien affirmés, nos échanges sont intenses, d'autant plus qu'elle a plus d'énergie que moi pour l'âge qui nous sépare. Des gens me disent que nos différences d'âge accusent les hommes de rechercher de plus jeunes femmes. Jaloux, je réponds. En prime, sa beauté n'a d'égale que son intelligence. À part ça, il m'arrive peu de choses. Probablement que c'est mieux ainsi. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles pour ainsi dire. L'année vient de se terminer avec quelques infections respiratoires et un mal à la voûte plantaire du pied droit qui perdure depuis plus de deux ans. J'interprète cette douleur lascive comme quoi je dois m'assagir en restant tranquille. L'hiver est arrivé plus tôt cette année. Cela m'est complètement égal, j'aime le froid et les journées tranquilles dans la neige. Les raisons de ceux qui n'aiment pas l'hiver sont les autos et le pelletage. Tout ceci est pour moi chose du passé. Je n'entrevois par choix que les beautés et les plaisirs de l'hiver dorénavant. Il y a plein de questions auxquelles je n'ai pas de réponses. La première est pourquoi plusieurs reçoivent des appels et des invitations, alors que moi peu ou pas ? Ai-je un si sale caractère ou des opinions mitigées que l'on veuille m'éviter ? Ceci est mon schéma avec lequel j'ai eu tant de peine à comprendre. Distorsion cognitive est le terme utilisé pour expliquer mon épanchement. Je délaisse temporairement la philosophie pour la psychologie un instant. Je tente de reprendre le langage du plus commun des mortels dans cette page où aucuns auteurs n'est venu m'interrompre. J'ai volontairement conspiré à m'exprimer sans intermédiaires ni artifices en ce premier jour de l'année. Je ne partirai pas ce soir sur de grands exposés sur la réforme du monde et les raisons pour lesquelles nous existons. Je veux simplement dire que je suis heureux d'avoir franchi une année de plus dans une relative paix et une bonne santé. J'éprouve une joie immense à écrire dans ce blogue qui fait parti intégrante de moi-même depuis déjà plusieurs années. Je constate qu'à bien des niveaux tout au long de mon existence, j'ai pris des retards sur certaines choses et pris de l'avance sur d'autres aspects, comme quoi tout arrive à point à celui qui sait attendre. Mon parcours est étrangement atypique. Toutes mes tâches et mes principaux objectifs ont été atteints, non pas sans misère, mais avec beaucoup de gratitude que je récolte aujourd'hui. Lorsque je tente en vain d'avoir du regret pour les choses que je n'ai pas, je me contente des choses qui sont à ma disposition. Aujourd'hui, j'ai réservé trois bouquins à la bibliothèque pour commencer l'année avec de bons et fidèles amis, les auteurs. En attendant, je puise à l'intérieur de moi-même ces quelques mots pour faire mon entrée dans cette nouvelle année que je souhaite prospère de santé, de sagesse et d'amour. Je prends conscience qu'en m'appuyant sur de nombreux philosophes, comme je le fais depuis quelques années, je minimise ma capacité à écrire mes propres mots, mes propres interprétations. À défaut d'avoir un public en face de moi et qui m'a appuyé pendant des décennies, je compense largement en écrivant au quotidien mon journal intime et mes récits de voyage, avec ou sans l'aide des auteurs. J'ai compris depuis peu qu'il est important de rester tranquille quelquefois et de laisser à feu doux la marmite faire son travail. J'ai appris aussi qu'après de nombreux malaises, qu'il valait mieux rester allonger sur mon divan que de courir dans toutes les directions. J'ai besoin de rites pour m'octroyer des périodes de relâchement. La simplicité volontaire s'exprime aussi dans les mots et les gestes lents. Les images dans le journal sont sélectionnés avec grand soin et reproduites avec une immense joie afin d'apporter un complément aux textes. La première photographie de l'année est un rideau qui se lève pour m'envelopper de lumière et de sagesse. Faire confiance à mon intuition, apprendre à m'écouter, c'est devenir libre. Je le suis déjà en appliquant ses règles, devrais-je dire. Mon prochain livre qui m'attend est la confiance en soi de Charles Pépin qui devrait m'aider à  atteindre de bonnes grâces pour la prochaine année devant laquelle je la souhaite heureuse et sereine. Je pense, donc j'existe. 🌿